Janvier 2009 - n°139
COLCOM : production, greffage, fonctionnalisation de DGL pour de nouvelles applications biologiques
La jeune société COLCOM développe et produit
des molécules à l’échelle du milliardième
de mètre (nanotechnologie). Il s’agit de polymères d’acides
aminés : les Dendrimères Greffés de la Lysine (DGL).
A terme, le but est de les utiliser pour diverses applications dans le domaine
de la santé.
Colcom travaille à comprendre et à contrôler l’activité
des DGL sur les cellules et les bactéries. Il faut savoir que ces molécules
sont des cages sphériques de diamètres contrôlés
pouvant aller de 4 à 12 nanomètres. Les propriétés
des DGL sont multiples. Elles sont bactéricides, fongicides et immuno-furtives
vis-à-vis des systèmes immunitaires. Elles peuvent transporter
des molécules hôtes (gènes, par exemple). Par ailleurs,
ces composés sont solubles dans l’eau ou greffables sur des supports
divers. Composés à 100 % d'un acide aminé essentiel,
la Lysine, les DGL sont, en premier lieu, destinés à des applications
dans le domaine de la santé. Ils peuvent être utilisés
dans le secteur du diagnostic, pour des agents de contraste ou pour des filtres
anti-bactériens, et même, à plus long terme, pour le transport
de molécules actives à visée thérapeutique.
Une création récente
Créée le 1er mars 2008, Colcom est une entreprise issue d’un
pôle de recherche de dimension internationale, dont les activités
de recherche sont centrées sur les biomolécules essentielles
(conception, synthèse et pharmacologie), l'Institut des Biomolécules
Max Mousseron (IBMM) de Montpellier.
Plus précisément, la jeune entreprise trouve ses origines dans
les travaux conduits par l’équipe du Professeur Auguste COMMEYRAS
au sein de l’équipe DSBC du Dr Robert PASCAL. Colcom est lauréat
du concours national d’aide à la création d’entreprises
de technologies innovantes 2007 en catégorie « Création
et Développement ».
Pour piloter sa R&D, COLCOM s’est dotée d’un conseil
scientifique qui regroupe les experts suivants :
- Dr. Hélène Collet, Ingénieur de Recherche UM2,
- Dr. Odile Vandenabeele-Trambouze, Chargée de Recherche CNRS,
- Dr. Hervé Cottet, Professeur UM2.
M. Auguste Commeyras assure la direction scientifique de COLCOM, tandis que
le Dr. Laurent Garrelly supervise les différentes applications biologiques
et Fabien Granier assure le management de l’entreprise.
Les activités de Colcom
L’entreprise peut fournir à ses clients des DGL de structures
régulières et parfaitement reproductibles. Ses activités
s’organisent autour de divers axes d’application :
- la vente directe de ses molécules à destination de la recherche
Aujourd’hui, COLCOM expédie ses échantillons vers des
laboratoires aux USA, en Europe, en Chine mais également en Inde ou
en Russie. Quelques références : MIT Cambridge - USA, NIH
Bethesda - USA, Bowling Green State University - USA, Vanderbilt University
Nashville - USA, Fudan University of Shanghai - Chine, Institute of Food Research
of Norwich - UK, Leibniz Institute - Allemagne, Ecole Polytechnique de Lausanne
- Suisse…
- des contrats de R&D avec des partenaires industriels pour le développement
de nouvelles solutions intégrant ces nanotechnologies (Exemple de référence :
Merck).
- le développement en interne de solutions de détection ultrasensibles
de traces biologiques dans l’eau ou l’air. La 1ere application
commercialisée est le kit DENDRIDIAG®UPW pour la gestion des réseaux
d’eaux ultra-pures (secteurs de la microélectronique et de la
pharma). Cette solution est commercialisée par le biais d’un
partenariat avec la société GLBiocontrol (www.gl-biocontrol.com).
Références : Altis Semiconductors, Air Liquide, Elyo.
COLCOM développe également (en collaboration avec le CNES) des
stratégies innovantes de caractérisation de surface des nouveaux
matériaux qu’elle développe à destination de l’industrie
du diagnostic.
L’objectif de COLCOM est de « démocratiser »
l’usage des DGL dans le secteur du diagnostic in vitro, en développant
de nouveaux supports pour des outils de détection de traces biologiques.
En effet, les outils de diagnostic sont en pleine expansion (plaques Elisa,
microsphères, lab-on-chip). Outre les aspects de sensibilité,
de justesse et de fidélité de la mesure, de rapidité
et de potentialité d'automatisation, les attentes des industriels de
ce secteur concernent la recherche d'un optimum entre la réduction
des surfaces et l'amplification du signal (rapport signal sur bruit). Les
points stratégiques de ces développements passent donc par la
chimie de greffage, la maîtrise de l'orientation des sites de lecture,
de leur densité de surface, de leur stabilité. Une évolution
à suivre…
M. HASLÉ