Mars 2009 - n°141
Cardio3 BioSciences : vers la guérison de l’insuffisance cardiaque
Cette société biotechnologique belge de pointe, spécialisée
dans les thérapies cellulaires pour le traitement des maladies cardiovasculaires,
a levé avec succès €7,2 millions par le biais d’une
deuxième phase de financement.Ces fonds seront utilisés pour
financer le développement clinique de C-Cure®, produit phare de
la société.
Cardio3 BioSciences a pour objectif de soigner les patients atteints d’insuffisance
cardiaque n’ayant pas d’autre option thérapeutique. C-Cure
porte l’espoir d’un traitement qui pourrait changer de manière
fondamentale le devenir de ces patients qui comblerait l’un des principaux
besoins médicaux rencontrés à travers le monde.
Des fondateurs motivés
Fondée en 2007 par des cliniciens du Centre Cardiovasculaire d’Alost,
Cardio3 BioSciences a pour objectif de traiter l’insuffisance cardiaque
à l’aide d’une thérapie cellulaire. L’idée
a émergé en 2002, lors d’un congrès consacré
aux cellules souches. Le groupe de fondateurs, dont Christian Homsy, CEO de
Cardio3 BioSciences, travaille alors, en étroite collaboration avec
un groupe de chercheurs de la Mayo Clinic® sur un procédé
exclusif de culture qui consiste à former des cellules « cardiopoîétiques
pouvant régénérer le muscle cardiaque endommagé.
L’idée émergente est celle de guider des cellules souches
vers une différenciation cardiaques avant injection dans le cœur
malade. Cette idée a donné naissance au concept de thérapie
cellulaire de seconde génération.
Cardio3 BioSciences développe son produit C-Cure, en collaboration
avec la Mayo Clinic (Rochester, MN, USA), premier traitement biothérapeutique
destiné à régénérer le muscle du cœur
chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque. A cet effet, Cardio3
Biosciences a levé avec succès 7,2 millions d’euros par
le biais d’une deuxième phase de financement. Ces fonds proviennent
d’un ensemble d’investisseurs nouveaux et existants. Parallèlement
à cette levée de fonds, la société a également
levé 6,5 millions d’euros sous la forme d’avances récupérables
octroyées par la Direction Générale Opérationnelle
« Economie, Emploi et Recherche » (DGO6, ex DGTRE) de la Région
wallonne. Ces avances, qui ne portent pas d'intérêts, deviendront
remboursables en phase de commercialisation de C-Cure. En plus de certains
actionnaires historiques ayant participé à la première
levée de fonds, de nouveaux investisseurs ont rejoint le projet, notamment
le groupe d’investissement belge Life Science Research Partners , le
groupe d’investissement Hunza Ventures II, spécialisé
en sciences du vivant et en technologie de l’information, et le holding
espagnol Grifols, actif dans l'industrie pharmaceutique . Le nom des autres
investisseurs n'a pas été divulgué.
Au cours des 15 derniers mois, l’injection a été effectuée
sur un modèle animal afin de réparer le cœur d’animaux.
Il s’agit là d’une première mondiale. Si la reconstruction
chez l’animal est rapide, il reste à évaluer les effets
sur l’homme. L’entreprise a obtenu le certificat GMP pour pouvoir
commencer son étude clinique.
Une thérapie révolutionnaire
pour la cardiologie
Le C-Cure est une thérapie unique permettant la différenciation
des cellules du patient en cellules « cardiopoïétiques »
capables de former de nouvelles cellules cardiaques et de réparer le
muscle cardiaque. Cette thérapie repose sur la compréhension
inégalée de la science fondamentale du développement
des cellules cardiaques, une maîtrise dont disposent la Mayo Clinic
et l’équipe scientifique de Cardio3 BioSciences. Le procédé
implique de prélever des cellules de moelle osseuse d’un patient
et, au terme d’un procédé exclusif de culture, de former
des cellules « cardiopoïétiques » pouvant régénérer
le muscle cardiaque endommagé. A la différence des précédentes
thérapies cellulaires en la matière, C-Cure est conçu
pour produire de nouvelles cellules cardiaques autologues se comportant de
la même manière que celles qui sont perdues lors d’un infarctus,
sans risque de rejet.
Le besoin urgent d’un produit tel que C-Cure, permettant d’améliorer
le traitement de l'insuffisance cardiaque, s’illustre par le fait que
son développement clinique est supervisé par quelques-uns des
spécialistes les plus réputés dans ce domaine en Europe
et aux Etats-Unis. Les chercheurs principaux impliqués dans l’essai
sont le Prof. André Terzic de la Mayo Clinic et le Dr. Jozef Bartunek,
Directeur associé du Centre Cardiovasculaire d’Alost. Outre les
chercheurs principaux, le comité directeur de l’essai regroupe
également le Dr. William Wijns, Co-directeur du Centre Cardiovasculaire
d’Alost et le Prof. Michal Tendera du Silesian Heart Center de Katowice,
précédemment président de la Société Européenne
de Cardiologie.
C-Cure fait l’objet d’un essai clinique international depuis début
2009. La société a recruté environ 240 patients dans
le cadre d’un essai clinique qui évaluera le potentiel de C-Cure
dans le traitement de l’insuffisance cardiaque. L’entreprise attend
la preuve de concept vers la fin 2009. La 2e partie de l’étude
devrait débuter vers la mi-2010 et durera un an et demi environ.
Une solide organisation
En collaboration avec la société Johnson & Johnson, Cardio3
BioSciences développe actuellement le C-Cath®, un cathéter
pour injecter des cellules cardiaques dans le cœur. D’autres produits
sont également en phase de recherche.
Actuellement composée de 36 personnes, l’équipe de Cardio3
BioSciences regroupe des profils divers : chercheurs R&D postdocs en biologie-développement,
techniciens et responsables de production (spécialisés en culture
cellulaire), spécialistes en réglementation, assurance qualité
et autres…
Basée à Mont-Saint-Guibert, dans la région wallonne de
la Belgique, les locaux de l’entreprise s’étendent sur
une surface de 1 600 m2 répartis en 3 plateaux : production GMP, laboratoire
R&D, et bureaux.
Le Laboratoire R&D, spécialisé en culture cellulaire, utilise
du matériel tel que des incubateurs, congélateurs azote liquide,
équipements PCR, microscopie fluorescente, centrifugeuse… L’équipe
R&D, composée de 9 personnes, travaille activement à obtenir
les résultats espérés.
L’entreprise a conclut des partenariats avec la Mayo Clinic, Johnson
& Johnson-BDS (cathéter d‘injection), la société
Artelis (industrialisation du procédé de culture cellulaire)
ainsi qu’avec des sociétés irlandaise (Creganna) et allemande
(Dontec).
L’avenir sourit à Cardio3 BioSciences soutenue par la région
wallonne. Tout en restant une société indépendante, Cardio3
BioSciences a pour objectif d’obtenir l’autorisation de mise sur
la marché du C-Cure et de commercialiser d’autres produits développés
par la société. En 2009, plusieurs avancées sont prévues :
- Augmentation du nombre d’employés à 42
- Ouverture d’un siège nord américain
De belles perspectives en vue…
M. HASLÉ