2017-11-16 
Comprendre la mise en route du système immunitaire

C'est le calcium qui met le « feu aux poudres » des cellules dendritiques. Ensuite ces cellules sentinelles du système immunitaire donnent l'alerte, ce qui permet de déclencher les hostilités contre les dangers identifiés. Cette découverte vient d'être publiée dans Science Immunology.

Ana Marie Lennon-Duménil, directrice de recherche Inserm et son équipe à l'Institut Curie ne semble avoir qu'un seul rêve : mieux comprendre les cellules dendritiques. Un objectif plus que compréhensible lorsque l'on sait que ces cellules sont au cœur de la réponse immunitaire.
Souvent décrites comme les sentinelles de l'organisme, elles patrouillent un peu partout pour débusquer les dangers éventuels. Bactéries, parasite, champignon ou virus sont ces cibles préférées. Une fois repérés, elles l'ingèrent. La cellule dendritique devenu ainsi « mature » est alors prête à alerter d'autres cellules du système immunitaire pour qu'elles viennent détruire les ennemis.

Quand les cellules dendritiques accélèrent...

Les cellules dendritiques activent alors à leur surface des récepteurs qui vont leur permettre de trouver leur chemin vers les vaisseaux lymphatiques, jusqu'à leur objectif final : les lymphocytes T.
"Elles apprennent aux lymphocytes T à reconnaître le danger pour qu'ils puissent l'éliminer, observe Ana-Maria Lennon-Duménil. Cette phase essentielle au déclenchement de la réponse immunitaire repose sur les capacités migratoires des cellules dendritiques et surtout leur aptitude à changer leur vitesse."

Car tant que la cellule dendritique patrouille, elle flâne en quelque sorte, mais dès qu'elle a ingéré un ennemi, elle « met le turbo » pour prévenir les autres. Et plusieurs membres de l'équipe d'Ana Maria Lennon-Duménil, dont Pablo Vargas qui a désormais rejoint l'équipe de Mathieu Piel à l'Institut Pierre Gilles de Gennes et qui a déjà largement participé à décrire ses changements de vitesse, vient cette fois-ci de découvrir comment elle passe de coureuse de fond à sprinteuse. Son turbo à elle, c'est le lysosome. Un petit organite cellulaire longtemps confiné au rôle d'incinérateur cellulaire et qui depuis quelques années ne cessent de révéler des missions bien plus complexe.

Guidée par Pablo Vargas, Marine Bretou, post-doctorante dans l'équipe vient en effet de montrer que le changement de vitesse est dû à l'expulsion du calcium à travers les canaux de sa membrane dans la cellule. Le calcium déclenche la modification du cytosquelette de la cellule lui donnant les moyens de faire une pointe d'accélération jusqu'aux lymphocytes et ainsi donner l'alerte. Il s'en suit la mise en action du système immunitaire.

Face aux cellules tumorales, ce système de défense rencontre parfois des difficultés et échoue. Il est alors nécessaire de le stimuler pour qu'il agisse. Tous les moyens sont bons pour y parvenir. La connaissance détaillée de l'ensemble des mécanismes en jeu aboutira à la mise au point de nouvelles stratégies d'immunothérapie ou au renforcement de celles existantes.
 
Lire la publication
Lysosome signaling controls the migration of dendritic cells
Bretou M, Sáez PJ, Sanséau D, Maurin M, Lankar D, Chabaud M, Spampanato C, Malbec O, Barbier L, Muallem S, Maiuri P, Ballabio A, Helft J, Piel M, Vargas P, Lennon-Duménil AM.
Science Immunology
Sci Immunol. 2017 Oct 27;2(16). pii: eaak9573. doi: 10.1126/sciimmunol.aak9573
 

Catherine GOUPILLON – SENGHOR
Responsable des relations presse
Institut Curie Paris l Orsay l Saint-Cloud
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