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Institut Pasteur de Dakar & FCDO : un partenariat historique pour la souveraineté sanitaire africaine

Dakar, 2 septembre 2025 : une nouvelle page s’écrit pour la santé publique en Afrique. L’Institut Pasteur de Dakar (IPD) et le Ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO) lancent un partenariat inédit, doté de 10 millions de livres sterling – environ 7,65 milliards de francs CFA – pour une durée de quatre ans. Objectif : renforcer les capacités de l’Afrique en matière de surveillance des épidémies et de biotechnologie en santé publique.

 


© Institut Pasteur de Dakar
 

Il s’agit de la première alliance stratégique de ce type entre le Royaume-Uni et une institution africaine spécialisée en biotechnologie et en santé publique. Elle s’inscrit dans la continuité des priorités du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique du Sénégal, tout en visant un rayonnement continental.

Quatre axes majeurs pour transformer la réponse sanitaire

Le programme repose sur quatre piliers complémentaires :
→ Développer un écosystème d’innovation scientifique et de santé publique porté localement : l’IPD entend mobiliser des outils de pointe, tels que l’intelligence artificielle et la génomique, pour créer des solutions de santé adaptées aux réalités africaines. Déjà, le centre de recherche de Dakar s’appuie sur cinq pôles de recherche (virologie, immunologie, microbiologie, épidémiologie et zoologie médicale), 12 laboratoires de référence et un réseau de 31 sites sentinelles répartis en Afrique de l’Ouest.

→ Renforcer la santé publique, la veille épidémiologique et la riposte aux épidémies : un Observatoire de recherche « One Health » sera mis en place, croisant santé humaine, animale et environnementale. Cette approche intégrée, déjà explorée par l’IPD à travers des programmes de surveillance communautaire, vise à anticiper les flambées épidémiques et à limiter leur propagation régionale.

→ Soutenir la recherche clinique : le partenariat soutiendra les essais du nouveau test de diagnostic rapide de la rougeole développé par l’IPD. Il contribuera aussi à l’avancement de vaccins candidats contre des virus à fort potentiel épidémique, tels que Lassa ou Ebola, dans la lignée du récent accord entre l’IPD et l’organisation internationale IAVI (Initiative internationale pour un vaccin contre le sida).

→ Appuyer la transformation institutionnelle : ce financement doit permettre à l’Institut Pasteur de Dakar de consolider son rôle de hub continental et de s’imposer comme un acteur de référence mondiale de la recherche en santé publique et de l’innovation en biotechnologie.

Une dynamique qui s’inscrit dans un écosystème solide

« Ce partenariat novateur illustre parfaitement l’approche moderne du Royaume-Uni en matière de développement – en soutenant l’innovation et l’expertise portées par l’Afrique pour relever les défis sanitaires mondiaux », a déclaré Lord Collins of HIGHBURY, ministre britannique pour l’Afrique. « En travaillant ensemble, nous n’investissons pas seulement dans la sécurité sanitaire de la région, mais nous renforçons une résilience qui nous protège tous. Cette alliance historique témoigne de notre engagement en faveur d’un véritable partenariat, dans lequel les institutions africaines prennent les devants pour développer les vaccins et les diagnostics qui protégeront les générations futures. »

De son côté, Dr Ibrahima SOCE FALL, administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, souligne : « Ce partenariat représente bien plus qu’un soutien financier — c’est un engagement commun envers un avenir où les solutions de santé naissent en Afrique et bénéficient au monde entier. Au Sénégal, il appuie et renforce le travail du Ministère de la Santé et de l’Action sociale. »

Cette alliance vient s’ajouter à une série de collaborations stratégiques :
- Le protocole d’accord signé en février 2025 avec l’Oxford Pandemic Sciences Institute, centré sur la recherche clinique et la vaccination en Afrique de l’Ouest.
- L’investissement de 45 millions de dollars annoncé fin 2024 par l’IFC (International Finance Corporation), la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et la Banque africaine de développement pour la construction d’une usine à Diamniadio, capable de produire jusqu’à 300 millions de doses de vaccins par an.
- Le programme MADIBA avec la Fondation Mastercard, lancé en 2023, qui vise à former 40 % de femmes parmi les futures spécialistes de la bioproduction vaccinale.

Ces initiatives témoignent d’une volonté claire : bâtir une souveraineté vaccinale africaine et réduire la dépendance vis-à-vis des importations.



© Institut Pasteur de Dakar

Le pari de la résilience régionale

L’Afrique a payé un lourd tribut lors de la pandémie de COVID-19, en raison notamment d’un accès limité aux vaccins et aux tests de diagnostic. En soutenant l’émergence de solutions locales, ce partenariat contribue à réduire ces vulnérabilités.

L’approche One Health, déjà intégrée dans les projets de l’IPD, prend ici une dimension nouvelle. Elle permet de détecter plus rapidement les signaux faibles d’épidémies grâce à des systèmes de surveillance communautaire et à l’analyse génomique. L’IPD est d’ailleurs reconnu pour son expertise dans le suivi des maladies émergentes et des résistances antimicrobiennes, en collaboration avec l’OMS, la FAO et l’OIE.

Former et transmettre pour préparer l’avenir

Au-delà des infrastructures et des technologies, l’enjeu majeur réside dans la formation. Le partenariat renforce les capacités humaines : chercheurs, ingénieurs, techniciens de laboratoire. Les projets en cours, tels que MADIBA ou le centre CARE soutenu par l’Union européenne, visent à former une nouvelle génération de professionnels capables de piloter la réponse aux crises sanitaires futures.

L’IPD compte aujourd’hui plus de 400 collaborateurs engagés dans près de 90 projets de recherche, et s’impose déjà comme un centre d’excellence au niveau continental. Le renforcement de ses capacités va consolider cette position et créer un effet d’entraînement sur les autres pays africains.

Un horizon continental

Avec cette alliance, le Sénégal se positionne comme l’un des moteurs de la stratégie de l’Union africaine, qui vise à produire 60 % des vaccins nécessaires au continent d’ici 2040. En conjuguant expertise locale et partenariats internationaux prestigieux – de l’Université d’Oxford à l’UK Health Security Agency –, le projet incarne une nouvelle manière de penser la coopération scientifique : non plus descendante, mais véritablement partenariale, où l’Afrique prend les devants.

Vers une souveraineté sanitaire africaine

Ce partenariat entre le FCDO et l’Institut Pasteur de Dakar va bien au-delà de la seule recherche scientifique. Il symbolise un changement de paradigme : la santé mondiale se construit désormais avec, par et pour l’Afrique. À l’heure où les crises sanitaires se multiplient et où les inégalités d’accès aux soins persistent, cette initiative trace la voie d’un futur plus équitable et plus résilient.

L’Afrique ne sera plus seulement un récepteur de solutions venues d’ailleurs, mais un acteur incontournable de la prévention, de la recherche et de l’innovation. Un engagement qui pourrait bien transformer durablement le paysage sanitaire du continent… et renforcer la sécurité de tous.

Pour en savoir plus :
Institut Pasteur de Dakar : www.InstitutPasteurDakar.sn
FCDO : https://urlz.fr/uKog

 

S. DENIS
© La Gazette du Laboratoire

 

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