2025-11-21
Vers une utilisation responsable des terres rares tout au long de leur cycle de vie : résultats de l’expertise scientifique du CNRS
• L’expertise scientifique collective (ESCo) Terres rares est une initiative du CNRS qui vise à établir l’état des connaissances scientifiques sur l’utilisation des terres rares tout au long de leur cycle de vie.
• Trois approches sont étudiées : réduire leur utilisation par leur substitution dans les matériaux ou par une sobriété d’usage des produits qui en contiennent, les recycler en exploitant la « mine urbaine » et enfin les extraire autrement par des approches plus durables et des sources d’approvisionnement alternatives.
• Réalisée par un collectif pluridisciplinaire d’une trentaine de scientifiques, cette expertise permet ainsi de fournir des éléments scientifiques solides pour éclairer le débat et la décision publics.
Considérés comme des métaux essentiels dans de nombreux domaines tels que l’énergie, la mobilité, le numérique, la défense ou la santé, les terres rares1 font l’objet d’une attention particulière dans un contexte international d'approvisionnement sous tension. Face à ces défis, le CNRS a lancé en janvier 2024, une expertise scientifique collective interrogeant les usages de ces métaux, selon une approche d’économie circulaire. Les résultats de cette expertise sont présentés ce 14 novembre lors d’un colloque public. Ce travail, qui s’appuie sur 4 100 articles scientifiques, vise à dresser une lecture intégrée des connaissances scientifiques disponibles sur les défis et les opportunités d'une utilisation responsable des terres rares.
Souvent confondus avec les métaux rares, les terres rares ne sont pas rares et comptent parmi les métaux critiques sans s’y superposer. Les terres rares se retrouvent dans un vaste panel d’usages et d’enjeux stratégiques. Présentes dans nombre de dispositifs électroniques miniaturisés, nécessaires par exemple à l’imagerie médicale ou aux outils de l’industrie pour la fabrication d’une grande variété de produits, elles constituent également un maillon clé de la transition énergétique. Alors que 90% de la capacité de raffinage de terres rares est aujourd’hui maitrisée par la Chine, la France ne dispose d’aucun gisement dans son sous-sol qui soit exploitable à court terme. L’expertise collective a ainsi pris le parti d’analyser systématiquement la littérature scientifique en partant des usages et en questionnant la possibilité d’une utilisation responsable des terres rares, comme un potentiel pilier de la politique de sécurisation. Un prisme décliné sous trois aspects :
• Réduire l’utilisation des terres rares par leur substitution dans les matériaux ou par une sobriété d’usage des produits qui en contiennent,
• Recycler en exploitant la « mine urbaine2 »,
• Extraire autrement en passant par des procédés plus respectueux de l’environnement, des sources d’approvisionnement alternatives et une meilleure prise en compte de la dimension sociale de l’extraction.
Communiqué de presse en ligne