2026-10-15
ELSAN renforce son engagement dans la lutte contre la douleur chronique et annonce la création d’un Observatoire de la Douleur
À l’occasion de la Journée mondiale de la douleur, ELSAN dresse un premier bilan de son dispositif de prise en charge de la douleur chronique et annonce la création, début 2027, d’un Observatoire de la Douleur. Celui-ci s’intéressera notamment à la douleur transitionnelle, cette période charnière durant laquelle une douleur persistante après une intervention chirurgicale peut s’installer dans la durée.
La douleur chronique constitue un enjeu majeur de santé publique. Elle touche près de 12 millions de Français*. Elle peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie et la santé mentale, mais aussi sur la vie sociale et professionnelle. Son impact économique est également considérable : à l'échelle européenne, les coûts directs et indirects liés à la douleur chronique sont estimés à plusieurs points de PIB. En France, le seul surcoût direct lié au recours supplémentaire aux soins a été estimé à près de 1,2 milliard d'euros par an**, auquel s'ajoutent des coûts indirects liés notamment aux arrêts de travail, à la perte de productivité et à la désinsertion professionnelle.
En France, sa prise en charge spécialisée s’appuie notamment sur 274 Structures Douleur Chronique (SDC), consultations et centres, implantées dans des établissements de santé et labellisées par les Agences régionales de santé. Le ministère prévoit par ailleurs la création de 27 structures supplémentaires dans le cadre de la stratégie décennale 2024-2034***.
ELSAN compte aujourd’hui 11 SDC labellisées, dont 3 centres et 8 consultations, auxquelles s’ajoute une activité de prise en charge de la douleur chronique en hospitalisation de jour dans 26 établissements du Groupe. ELSAN va poursuivre le développement de cette prise en charge et accompagner de nouvelles structures dans leur démarche de labellisation, dans un souci de maillage territorial, avec pour objectif quatre nouvelles structures labellisées lors de la prochaine campagne prévue en 2027.
Agir avant que la douleur ne devienne chronique
Fort de cette expertise, ELSAN souhaite aujourd’hui agir plus en amont en s’intéressant à la douleur transitionnelle, c’est-à-dire à la persistance d’une douleur après une intervention chirurgicale, au-delà de la période habituelle de récupération. Cette phase entre douleur aiguë et douleur chronique constitue une période clé pour repérer les patients à risque et tenter de prévenir la chronicisation.
*Près de 12 millions d’adultes en France souffrent de douleurs chroniques d’intensité modérée à sévère, auxquels il faut ajouter les enfants, d’après la Haute Autorité de Santé.
**Source : Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur.
*** Source : Ministère de la Santé.
« Nous connaissons les causes et les conséquences de la douleur chronique. Nous savons encore insuffisamment comment elle peut commencer. En observant ce que vivent les patients après leur hospitalisation, nous voulons mieux comprendre cette période de transition, car c’est probablement l’un des moments où tout se joue », explique le Dr Myriam Combes, Directeur de la Stratégie et des Relations Médicales d’ELSAN.
Pour mieux comprendre ces trajectoires, ELSAN a conduit entre fin avril et fin juillet 2026 une première enquête à grande échelle auprès de patients ayant été hospitalisés dans ses établissements : 72 000 questionnaires, comprenant notamment 42 000 verbatims, ont été analysés.
Trois premiers constats se dégagent :
• La forte participation à l’enquête témoigne d’un besoin d’expression et d’écoute autour de la douleur.
• Un patient sur sept parmi les répondants présentait déjà avant son hospitalisation une douleur depuis plus de trois mois, sans prise en charge, et sans lien avec le motif de son intervention.
• Parmi ces patients, seuls 37 % des plus de 75 ans estiment bénéficier d’une prise en charge adaptée de leur douleur, contre 50 % des moins de 40 ans.
« L’hospitalisation ne doit pas seulement être le moment où l’on traite une pathologie : elle doit aussi permettre d’identifier les douleurs qui se sont installées. Elle peut ainsi aider à repérer les patients passés « entre les mailles du filet » et faciliter leur orientation vers une prise en charge adaptée », souligne le Dr Myriam Combes.
Sur la question de l’âge :
« Moins de quatre patients de plus de 75 ans sur dix souffrant depuis plus de trois mois estiment que leur douleur est prise en charge de façon adaptée. Ce chiffre doit nous alerter : l’avancée en âge ne doit pas conduire à considérer la douleur comme une fatalité », commente le Dr Myriam Combes.
Un Observatoire de la Douleur dès 2027
À partir de ces premiers résultats, ELSAN lancera début 2027 son Observatoire de la Douleur, avec l’ambition de faire de l’écoute des patients un levier de prévention de la chronicisation, d’amélioration des pratiques et de meilleur repérage des patients nécessitant une prise en charge spécialisée. Ses travaux auront vocation à nourrir les pratiques des établissements du Groupe, mais aussi à contribuer plus largement à la réflexion du système de santé français et au dialogue avec les associations d’usagers. L’Observatoire conduira notamment SERENITY, une étude scientifique destinée à approfondir les connaissances sur la douleur et les possibilités d’amélioration de sa prise en charge.
L’Observatoire sera animé par le Dr Violaine D’Ans, médecin anesthésiste algologue et ancienne secrétaire de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et Réanimation), le Dr Myriam Combes, Directeur de la Stratégie et des Relations Médicales du Groupe ELSAN, Catherine Michel, Directrice Déléguée au développement médical du Groupe ELSAN et le Dr Vincent Deroissart. Il a vocation à partager ses travaux avec la communauté médicale des 77 algologues exerçant au sein des établissements ELSAN. Le volet scientifique sera piloté par le Dr Amélie Lansiaux, Directrice de la Recherche ELSAN, avec une perspective de diffusion large, au-delà de la communauté médicale ELSAN.
ANNEXES
Douleur chronique, douleur transitionnelle : définition
• Douleur chronique : la douleur est considérée comme chronique dès lors qu’elle est persistante ou récurrente au-delà de ce qui est habituel pour sa cause initiale présumée (le plus souvent au-delà de 3 mois), qu’elle répond mal au traitement et qu’elle induit une détérioration significative et progressive des capacités fonctionnelles et relationnelles.
• Douleur transitionnelle : après une intervention chirurgicale, la douleur est généralement appelée à diminuer progressivement. Chez certains patients, elle persiste et risque de devenir chronique : c’est ce que l’on appelle la douleur transitionnelle. Cette période, entre douleur aiguë et douleur chronique, constitue un moment clé pour repérer les patients à risque et adapter leur prise en charge afin de prévenir la chronicisation.
Structures Douleur Chronique
Parmi les SDC labellisées, il faut distinguer :
• Les consultations douleur : prise en charge pluriprofessionnelle, avec une équipe associant différentes professions de santé, au sein d’un établissement de santé.
• Les centres douleur : prise en charge également pluridisciplinaire, avec plusieurs spécialités médicales représentées. Ils disposent notamment d'un accès à un plateau technique et à des lits d'hospitalisation et prennent en charge les situations les plus complexes.
Les SDC (Structures Douleur Chronique) du Groupe ELSAN
• 3 centres : Clinique Brétéché (Nantes, clinique du Parc Caen), Clinique Chénieux (Limoges),
• 8 services de consultations : clinique Bouchard (Marseille), clinique de la Pergola (Vichy), clinique Rhône-Durance (Avignon), clinique de Montréal (Carcassonne), centre médico-chirurgical du Mans, clinique Jean Vilar (Bordeaux), clinique Les Franciscaines (Nîmes), centre Clinical de Soyaux.
A ces 11 SDC, s’ajoutent les 26 établissements du Groupe disposant d’une activité de prise en charge de la douleur dans le cadre d’une hospitalisation de jour.