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2026-10-29 
IRD - En Afrique subsaharienne, l'urgence d'agir contre la contamination aux mycotoxines

Dans les pays d'Afrique subsaharienne, les mycotoxines, composés toxiques naturellement produits par certains champignons, contaminent fréquemment les cultures agricoles et constituent un défi majeur de sécurité sanitaire des aliments. Malgré plusieurs décennies de recherche documentant leurs impacts sanitaires, nutritionnels et économiques, l’exposition des populations demeure élevée et la menace insuffisamment reconnue. Publiée dans Nature Food, un nouvel article d’une équipe de chercheurs du réseau international SUDMYCOTOX de l’IRD révèle le décalage persistant entre les connaissances scientifiques accumulées sur les mycotoxines en Afrique et leur traduction encore limitée en politiques publiques de prévention et de contrôle. Au-delà du constat, les auteurs proposent de mettre en place un cadre d’action coordonné à l’échelle du continent.

Une exposition systémique et chronique aux mycotoxines

Les mycotoxines, des composés toxiques naturellement produits par différents types de champignons, causent de nombreux problèmes de santé. En Afrique de l'Ouest, la contamination contribue au retard de croissance chez les enfants et à des taux de cancer du foie parmi les plus élevés au monde. Au Sahel, des modélisations suggèrent que l'incidence du cancer du foie imputable à l'aflatoxine pourrait atteindre 126 cas pour 100 000 habitants par an dans les zones à forte exposition telles que le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Un enjeu sanitaire marqué par une forte inégalité mondiale : tandis que des limites strictes protègent les consommateurs dans les pays à revenu élevé, de nombreux pays africains disposent de seuils réglementaires plus élevés et/ou de capacités de contrôle limitées. Alors que l'Union européenne applique une limite de 2 μg/kg pour l'aflatoxine B1 dans les céréales, plusieurs pays africains retiennent des seuils compris entre 10 et 20 μg/kg. Cette différence drastique dans la régulation fragilise grandement les chaînes alimentaires locales et régionales. Des travaux récents menés au Bénin illustrent l’ampleur du phénomène : des aflatoxines ont été détectées dans 87 % des échantillons de maïs et 64 % des échantillons d’arachide prélevés sur certains marchés locaux.

Communiqué de presse en ligne


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