2026-11-05
120 ans de la maladie d'Alzheimer : 9 Français sur 10 favorables à un dépistage précoce, 88% réclament davantage de moyens pour la recherche
En novembre 1906, Alois Alzheimer décrivait pour la première fois la maladie qui porte aujourd'hui son nom. Cent vingt ans plus tard, alors que les progrès de la recherche ouvrent la voie à des diagnostics de plus en plus précoces et à de nouvelles perspectives thérapeutiques, le regard des Français évolue profondément. Ils souhaitent mieux anticiper la maladie, mieux comprendre leur risque et accélérer les avancées scientifiques.
À l'occasion des 120 ans de la maladie d'Alzheimer, la Fondation Recherche Alzheimer dévoile les résultats d'un sondage OpinionWay inédit* portant sur les attentes des Français en matière de dépistage, de recherche et de prise en charge.
Pour rappel, en France, 1,4 million de personnes seraient atteintes de maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer, la plus répandue**.
Les Français veulent savoir avant les premiers symptômes
Longtemps considérée comme une question sensible, l'idée d'un dépistage précoce de la maladie d'Alzheimer semble aujourd'hui largement acceptée par l'opinion publique. Lorsqu'un bénéfice concret peut être apporté aux patients, les Français adhèrent massivement à cette perspective. Ainsi, 92 % se déclarent favorables à un dépistage précoce s'il permet de ralentir l'aggravation des symptômes. Ils sont également 91 % à l'approuver si la maladie peut être facilement détectée ou si un traitement permet d'en prévenir l'apparition.
Au-delà de cette adhésion de principe, les Français se disent prêts à agir personnellement. Plus de huit sur dix (83 %) souhaiteraient avoir accès à un test permettant de détecter précocement la maladie. De même, 80 % voudraient être informés de leur propre risque si un membre de leur famille était atteint.
« Pendant longtemps, le dépistage précoce posait la question du "pour quoi faire ?". Aujourd'hui, même si aucun traitement ne permet encore de guérir la maladie d'Alzheimer, nous savons qu'un diagnostic et une prise en charge précoces peuvent déjà changer beaucoup de choses pour les patients et leurs proches. Ils permettent d'agir plus tôt, de préserver plus longtemps l'autonomie, d'adapter l'accompagnement et d'offrir un meilleur parcours de soins. Les Français l'ont bien compris : ils ne demandent pas simplement à savoir, ils veulent pouvoir agir. » précise le Dr Olivier de Ladoucette, Président de la Fondation Recherche Alzheimer.
Une très forte attente vis-à-vis de la recherche
Face à une maladie perçue comme l'un des grands défis sanitaires des prochaines décennies, les Français expriment une attente particulièrement forte vis-à-vis de la recherche. Près de neuf Français sur dix (88 %) souhaitent une augmentation des budgets consacrés à la recherche sur la maladie d'Alzheimer. Cette proportion atteint même 93 % chez les personnes âgées de 50 ans et plus.
Cette mobilisation s'explique en partie par la perception de l'impact futur de la maladie. Plus de huit Français sur dix (81 %) considèrent en effet qu'Alzheimer représentera un coût majeur pour la société dans les années à venir. Dans le même temps, les Français témoignent d'un optimisme mesuré à l'égard des progrès scientifiques. Une large majorité (81 %) fait confiance à la recherche médicale pour développer de nouveaux traitements capables de mieux prendre en charge la maladie. En revanche, seuls 41 % pensent qu'une guérison complète sera possible dans un avenir proche.
Les plus jeunes apparaissent davantage confiants dans les avancées futures : 51 % des moins de 35 ans estiment qu'il sera bientôt possible de guérir la maladie d'Alzheimer, contre 37 % des personnes plus âgées.
Une relation médecin-patient qui reste au cœur des décisions thérapeutiques
Alors que l'intelligence artificielle occupe une place grandissante dans le domaine de la santé, les Français demeurent profondément attachés à la relation humaine lorsqu'il s'agit de prendre des décisions thérapeutiques. Près d'un Français sur deux (47 %) considère que le choix d'un traitement doit avant tout relever du patient et de ses proches, tandis que 42 % estiment qu'il revient principalement au médecin. À l'inverse, les autorités de santé (9 %) comme l'intelligence artificielle (2 %) sont très largement rejetées lorsqu'il s'agit d'avoir le dernier mot sur une décision médicale.
Cette confiance accordée aux médecins se retrouve dans les critères susceptibles d'inciter les Français à suivre un traitement. Si l'efficacité démontrée demeure de loin le facteur le plus important (74 %), la confiance dans le médecin prescripteur est citée par 58 % des répondants, devant même la prise en charge financière du traitement.
« La maladie d'Alzheimer est aujourd'hui au cœur des préoccupations des Français. Les résultats de cette étude montrent qu'ils sont prêts à anticiper davantage la maladie, à recourir au dépistage lorsqu'il présente un bénéfice concret et qu'ils attendent des avancées importantes de la recherche. Ils rappellent également l'importance de préserver la relation de confiance entre les patients et les professionnels de santé. Plus que jamais, la recherche apparaît comme un levier essentiel pour répondre à ce défi majeur de santé publique. » conclut le Dr Olivier de Ladoucette.
*Sondage OpinionWay pour la Fondation Recherche Alzheimer, réalisé les 10 et 11 juin 2026 auprès de 1 001 personnes représentatives de la population française.
**Enquête Ipsos bva pour la Fondation Recherche Alzheimer réalisée en ligne du 3 avril au 1er mai 2025 auprès de 10 004 Français âgés de 30 ans et plus.
Créée en 2004 par deux médecins français : le Professeur Bruno Dubois, neurologue spécialisé sur la maladie d'Alzheimer et le Docteur Olivier de Ladoucette, psychiatre et gériatre, la Fondation Recherche Alzheimer est une fondation reconnue d'utilité publique située au sein de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Elle a pour mission de soutenir la recherche sur la maladie d'Alzheimer et les maladies dites « apparentées » et de faire évoluer les connaissances sur le sujet.
Depuis sa création la Fondation a engagé 30 millions d’euros de financement pour la recherche sur Alzheimer à plus de 195 chercheurs en France et en Europe, ayant pour objectifs principaux la mise au point d'un diagnostic précoce et des traitements efficaces. 1er financeur de la recherche sur Alzheimer en France, elle a reçu le label IDEAS en 2024. La Fondation organise les Entretiens Alzheimer, des conférences grand public qui permettent de partager les dernières données thérapeutiques et les perspectives sur la maladie d'Alzheimer. www.alzheimer-recherche.org
Don par SMS : envoyer DON au 92922 c’est 5€ pour la recherche sur Alzheimer