Institut de Santé de la Femme et de la Fertilité : Focus sur le projet de recherche Climatere
Inauguré le 10 avril 2025 à l’Hôpital Foch, l’Institut de Santé de la Femme et de la Fertilité offre une prise en charge globale, personnalisée, préventive, prédictive et innovante de la santé féminine. Engagé également dans la recherche, l’institut lance le projet Climatere afin de pallier le manque d’études consacrées à la ménopause
Une structure dédiée à la santé féminine
L’Institut de Santé de la Femme et de la Fertilité (IS2F) représente une initiative novatrice dans le domaine de la santé féminine en France. Créé sous l’impulsion du Professeur Jean-Marc Ayoubi et de son équipe, il est intégré à l’Hôpital Foch, en partenariat avec la faculté de médecine Simone Veil de l’Université UVSQ-Paris-Saclay.
L’IS2F se distingue par son approche multidisciplinaire et holistique, couvrant des domaines variés tels que la ménopause, l’endométriose, l’infertilité, les douleurs chroniques ou encore les cancers gynécologiques. Composé d’une équipe d’environ 25 professionnels de santé aux profils diversifiés, l’institut s’articule autour de quatre piliers fondamentaux : les soins, la recherche, l’innovation et la formation. Il répond ainsi à un besoin croissant de prise en charge globale et coordonnée des problématiques de santé féminine, en fluidifiant les parcours de soins et en renforçant la collaboration entre spécialités médicales, toujours dans l’intérêt des patientes.

Inauguration de l'Institut IS2F ©Virginie Bonnefon
Des unités spécialisées
L’IS2F est organisé en plusieurs unités spécialisées, chacune dédiée à une problématique spécifique de la santé féminine.
→ Ménopause
Avec trois médecins spécialistes, cette unité propose des consultations personnalisées et des traitements adaptés au profil de chaque patiente, avec une attention particulière aux facteurs de risque cardiovasculaires associés.
→ Endométriose
Reconnue comme centre expert, cette unité coordonne la filière Île-de-France Ouest pour l’endométriose. Elle propose une prise en charge multidisciplinaire impliquant des spécialistes de la douleur, des psychologues, des sexologues, des sophrologues et des sages-femmes.
→ Infertilité
Cette unité a mis en place un concept innovant appelé « Jour Fertilité », qui permet de réaliser en une seule journée l’ensemble des examens d’exploration de l’infertilité, un processus qui prend habituellement deux à quatre mois.
→ Douleurs chroniques
Dédiée aux patientes souffrant de douleurs pelviennes chroniques, cette unité propose un parcours spécifique à celles qui, bien souvent, consultent plusieurs praticiens sans parvenir à obtenir de traitement efficace.
→ Grossesses arrêtées ou interrompues
Un parcours spécifique a été créé pour les femmes confrontées à une fausse couche – qui concerne 15 à 20% des grossesses –, associant un accompagnement psychologique et une recherche des causes potentielles.
→ Cancers gynécologiques
Équipée de technologies de pointe comme la mammographie, l’hystéroscopie, l’échographie gynécologique et la colposcopie, cette unité se consacre au dépistage et au diagnostic des cancers gynécologiques, du col de l’utérus, de l’utérus, de l’ovaire et du sein.
→ Recherche
Coordonnée par le Dr Alexandre Vallée, cette unité développe plusieurs projets de recherche consacrés à l’endométriose, l’amélioration de la qualité de vie des patientes, ou encore la ménopause, avec notamment le projet Climatere.
Au-delà de son approche multidisciplinaire, qui garantit une prise en charge globale et personnalisée, l’IS2F se distingue par l’implication active des patientes dans le parcours de soins et dans l’amélioration continue des services proposés. Dans ce cadre, l’institut organise des sessions de formation de 2 à 3 jours, renouvelables, auxquelles elles participent aux côtés de professionnels de santé, tels que des médecins, infirmières, sages-femmes, psychologues et assistantes sociales. L’IS2F s’appuie également sur le travail des associations de patients afin d’enrichir ses pratiques et de répondre toujours plus efficacement aux besoins des femmes.
Climatere : une initiative de recherche majeure sur la ménopause
La ménopause constitue une étape majeure dans la vie d’une femme. En France, elle touche plus de 15 millions de personnes, et chaque année, environ 500 000 nouvelles femmes y font face. Selon les données de l’INSEE et de l’INSERM, 80% d’entre elles présentent un syndrome climatérique – soit des symptômes associés à la ménopause au-delà de l’arrêt des règles –, et plus de la moitié souffrent de bouffées de chaleur invalidantes. Environ 30% déclarent que la ménopause affecte leurs conditions de travail, mettant en évidence les conséquences sociales et socio-économiques significatives de cette transition.
Cette période s’accompagne également d’une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires, d’ostéoporose et de troubles cognitifs, qui altèrent fortement la qualité de vie. Bien que des traitements hormonaux existent, seules 2,5% des femmes déclarent en bénéficier, avec d’importantes disparités territoriales. De plus, ces traitements ne sont pas adaptés à toutes, notamment aux femmes présentant des antécédents de cancer, des pathologies cardiovasculaires ou des prédispositions familiales.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Climatere. Face au manque de recherches scientifiques et aux lacunes médicales dans la prise en charge de la ménopause, son objectif est de dresser un état des lieux des données françaises, dans le but de mieux comprendre ce phénomène et de développer de nouveaux outils adaptés, basés sur une prise en charge personnalisée.
Ce travail repose sur une collaboration multidisciplinaire avec de nombreux partenaires, que sont l’Hôpital Foch, l’Université de Versailles Saint-Quentin, l’Hôpital Raymond-Poincaré, l’Hôpital Beaujon et l’IHU FOReSIGHT. Le projet vise également à renforcer la prévention en santé, compte tenu des conséquences néfastes d’une ménopause mal prise en charge ou mal accompagnée.
Une étude longitudinale en trois phases
Climatere ambitionne de constituer une cohorte de 100 000 participantes suivies sur plus de dix ans. Elle inclura à la fois des femmes déjà ménopausées et d’autres, non ménopausées dès l’âge de 30 ans, afin d’observer progressivement l’entrée dans la ménopause et l’évolution des symptômes. Une telle étude offrira, pour la première fois, une vision globale et inédite du parcours de santé des femmes face à cette transition.
L’étude se déroulera en trois phases. La première aura pour objectif de recueillir, au moyen de questionnaires, des données rétrospectives. Celles-ci porteront sur l’état de santé général, les symptômes ressentis (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, douleurs articulaires, etc.), les habitudes de vie (alimentation, activité physique, consommation d’alcool et de tabac), mais aussi sur le bien-être mental (anxiété, dépression), la vie professionnelle et sociale, les traitements suivis – qu’ils soient liés ou non à la ménopause –, ainsi que les comorbidités et maladies associées. La deuxième phase consistera à croiser ces questionnaires avec les données hospitalières des participantes – biologiques, d’imagerie ou chirurgicales – recueillies avec leur consentement, afin d’enrichir et compléter l’analyse. Enfin, la troisième phase assurera la conduite d’essais interventionnels (types prises de sang) auprès de groupes de volontaires.
Un projet encadré et sécurisé
Pour piloter efficacement ce projet d’envergure, un conseil scientifique est en cours de constitution. Il aura pour mission d’évaluer chaque protocole de recherche mené sur la cohorte, en vue d’éviter les redondances entre les différentes études et de garantir une vision globale des travaux en cours. Les équipes souhaitant accéder aux données devront être habilitées, tandis que les analyses seront assurées par l’équipe de biostatisticiens de l’Hôpital Foch.
Parallèlement à cette organisation scientifique, la protection des données des participantes demeurera une priorité absolue. Traitées anonymement, elles seront hébergées sur des serveurs labellisés HDS (Hébergeurs de Données de Santé), et resteront réservées à la recherche publique académique.
Pour en savoir plus :
Institut de Santé de la Femme et de la Fertilité
Dr. Alexandre Vallée
contact.climatere@hopital-foch.com
https://www.hopital-foch.com/
https://climatere.fr/letude-climatere/
J S. Lopes
© La Gazette du Laboratoire


