Lancement du test RILA de NovaGray !
Développé par la société montpelliéraine NovaGray, le test RILA est un test sanguin conçu pour optimiser les traitements de radiothérapie, en prédisant les effets secondaires chez les patientes et patients atteints d’un cancer du sein ou de la prostate.
NovaGray révolutionne la radiothérapie
David Azria, professeur de radiothérapie à l’Université de Montpellier, chef du service de Radiothérapie Oncologique à l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM) et chef de l’équipe INSERM U1194 à l’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier (IRCM), consacre depuis plus de vingt ans ses travaux à la mise au point de tests visant à évaluer la sensibilité des patients à la radiothérapie, en particulier pour les cancers du sein et de la prostate. Sa rencontre avec Clémence Franc, diplômée de l’ESTP (École Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l'Industrie) et d’HEC Entrepreneurs, a conduit à la création de NovaGray en 2015 pour valoriser ses recherches.
Dès sa fondation, l’entreprise disposait déjà de données de validation clinique sur un test appliqué au cancer du sein, à l’origine du test RILA – pour Radio Induced Lymphocyte Apoptosis. L’objectif initial était de mettre en place un laboratoire dédié à son développement final, à son industrialisation et à sa diffusion rapide auprès des malades.
En pratique, le test RILA est un simple test sanguin qui évalue le taux de mort des lymphocytes après irradiation. Il permet de prédire les toxicités tardives associées à la radiothérapie, des effets secondaires irréversibles pouvant survenir entre trois mois et trois ans après le traitement. Jusqu’à présent, aucun outil ne permettait aux médecins d’anticiper ces risques avant le début du traitement. Le test RILA se positionne ainsi comme une innovation mondiale, offrant la possibilité d’adapter le protocole de radiothérapie à la sensibilité individuelle de chaque patiente et patient.
Des techniciens de NovaGray manipulent des résultats d'un test sanguin pour évaluer la radiosensibilité d'une patiente. ©NovaGray

Innovations et précision au cœur du test RILA
Le test RILA repose sur une analyse par cytométrie en flux. Historiquement, sa mise en œuvre nécessitait l’irradiation des prélèvements sanguins, une méthode difficilement compatible avec la pratique courante des laboratoires de biologie médicale en raison de l’absence d’équipements adaptés. NovaGray a levé cet obstacle grâce à une innovation brevetée majeure : l’utilisation d’un composé chimique qui mime l’effet de l’irradiation sur les cellules, rendant le test réalisable dans les infrastructures des laboratoires.
L’entreprise a collaboré étroitement avec les équipes cliniques, afin d’assurer une intégration fluide du test et de ses résultats dans la pratique médicale. La feuille de résultats a également été co-construite pour offrir une lecture claire et intuitive aux médecins. En 2022, la Société Française de Radiothérapie Oncologique (SFRO) a recommandé l’utilisation du test RILA pour les cancers du sein et de la prostate avant tout début de radiothérapie. Elle a également suggéré d’adapter les protocoles thérapeutiques en fonction des résultats du test, selon les critères de récidive et de toxicité sur les tissus sains.
Une seconde innovation concerne l’analyse automatisée des données de cytométrie en flux. L’analyse manuelle de ces données pouvant varier selon les opérateurs, NovaGray a développé un logiciel propriétaire capable de traiter automatiquement les données brutes et de repositionner les zones de sélection des populations cellulaires comme le ferait un opérateur spécialisé. Ce logiciel garantit ainsi la standardisation et la reproductibilité des résultats, indépendamment de l’utilisateur ou du laboratoire.
En résumé, le test RILA s’appuie sur un protocole de biologie breveté et sur un logiciel fiable qui génère en quelques secondes une feuille de résultat claire et exploitable. Lorsque le taux est supérieur à 12%, la patiente ou le patient présente un faible risque de développer des complications tardives. À l’inverse, un taux inférieur à 12% indique un risque élevé de survenue de ces effets secondaires.
A noter que NovaGray ne formule pas de recommandations médicales. L’interprétation et les décisions thérapeutiques relèvent exclusivement du radiothérapeute, en concertation avec le patient, conformément aux recommandations de la SFRO.
Test approuvé et déployé !
La validation clinique du test RILA a été menée dans le cadre d’un Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC), auprès de 502 patientes atteintes d’un cancer du sein et recrutées dans dix centres français. Publiée en 2015, l’étude a confirmé la pertinence du seuil de 12% pour distinguer les malades présentant un risque élevé ou faible de fibrose mammaire, indépendamment de facteurs tels que le tabagisme ou l’hormonothérapie. Le suivi des participants, réalisé sur 36 mois, a permis de couvrir la période durant laquelle se manifestent près de 90% des toxicités tardives. Les prélèvements sanguins ont été effectués avant le début de la radiothérapie, puis complétés par des évaluations régulières – à 6, 12, 18, 24 et 36 mois – afin de détecter d’éventuelles complications.
À l’issue de ces phases de recherche et de validation, NovaGray est entrée dans une phase de diffusion en routine. Pour accompagner ce déploiement, l’entreprise a noué un partenariat stratégique avec Eurofins Biomnis, acteur industriel européen majeur présent dans plus de 40 pays. Le transfert de la technologie vers leurs laboratoires a permis d’assurer la production du test et sa mise sur le marché en mars 2025. Depuis son lancement opérationnel, près de 400 tests ont été réalisés en routine clinique, témoignant de l’intérêt grandissant des professionnels de santé et des patients pour cette approche de médecine de précision.
Les premiers retours des centres utilisateurs sont très encourageants. Le Centre de Radiothérapie Guillaume le Conquérant, en Normandie, souligne que « grâce au test RILA, le parcours de soin du patient peut être personnalisé et les séances de radiothérapie réduites, améliorant ainsi sa qualité de vie ». De son côté, Dr. Alexis Lepinoy de l’Institut de Cancérologie de Bourgogne précise « Nous sommes le premier opérateur du territoire à proposer cette technologie innovante en santé. Selon le score de risque obtenu, nous pouvons ajuster plusieurs paramètres, à savoir la dose, le fractionnement ou encore le volume d’irradiation. Les résultats étant disponibles en moins de sept jours, le test ne retarde en aucun cas la prise en charge du malade ».
Clémence Franc, CEO & co-fondateur de NovaGray ©NovaGray
Vers une validation élargie du test RILA
En parallèle du déploiement du test RILA en pratique clinique, NovaGray prépare le lancement d’une nouvelle étude visant à évaluer son impact sur la prise en charge des malades traitées pour un cancer du sein. Coordonnée par l’ICM, cette étude implique quatre centres cliniques français (l’Institut Paoli Calmette (Marseille), l’Institut Sainte Catherine (Avignon), le CH de Brive), reconnus pour leur engagement dans la radiothérapie innovante et personnalisée. Elle prévoit le recrutement de 1 000 patientes sur une période de 18 mois. L’objectif est de mesurer le bénéfice clinique réel du test, en particulier la réduction des toxicités tardives et l’amélioration de la qualité de vie des personnes identifiées à risque élevé.
NovaGray entend ainsi démontrer scientifiquement la valeur clinique du test RILA, encourager son adoption par un nombre croissant de centres et, à terme, obtenir son remboursement par les systèmes de santé afin de faciliter son accès au plus grand nombre de patients.
Une organisation et des perspectives solides
Implantée au sein de l’ICM, NovaGray réunit à ce jour une équipe d’une dizaine de personnes, répartie autour de trois pôles complémentaires :
- un pôle R&D, dédié à l’industrialisation et à l’amélioration continue du test RILA,
- un pôle qualité et affaires réglementaires, garant de la conformité et de l’obtention des autorisations de mise sur le marché,
- et un pôle commercial, chargé d’accompagner les médecins et établissements de santé utilisateurs.
Si l’entreprise s’adresse d’abord aux acteurs français du secteur, elle ambitionne une expansion à l’international, avec un déploiement prévu en Suisse et en Belgique dans les douze prochains mois, avant une ouverture plus large en Europe. Pour soutenir cette croissance, NovaGray mène actuellement une levée de fonds de 4 millions d’euros, destinée à renforcer son développement et à accélérer la diffusion du test sur ces nouveaux marchés géographiques.
Sur le plan médical, NovaGray cible en priorité les cancers du sein et de la prostate, en raison de leur forte incidence. Pour autant, l’équipe explore d’autres indications à risque de toxicités tardives, notamment les cancers ORL et du poumon. Des résultats préliminaires prometteurs existent déjà pour ce dernier, mais nécessitent encore d’être consolidés.
Pour en savoir plus :
NovaGray
Clémence FRANC
hello@nova-gray.com
https://nova-gray.com/
J S. Lopes
© La Gazette du Laboratoire


