2026-09-23
De nouvelles pistes pour comprendre les mécanismes neuronaux de la douleur neuropathique
Après une lésion nerveuse, il arrive qu’un contact normalement indolore comme une légère pression ou un effleurement devienne douloureux : on parle alors d’allodynie mécanique, un symptôme particulièrement fréquent de la douleur neuropathique. Une équipe de recherche de l’Inserm et de l’Université Clermont Auvergne s’est intéressée, chez la souris, aux mécanismes neuronaux impliqués dans l’allodynie mécanique dans la corne dorsale de la moelle épinière. Elle a observé qu’elle pourrait notamment être liée à l’activation d’un réseau de neurones jusque-là dormant. Contrairement aux neurones spécialisés dans le toucher ou la douleur, ceux-ci seraient capables de répondre à différentes modalités sensorielles. Ils contribueraient ainsi à une profonde réorganisation des circuits de la moelle épinière, transformant le toucher en douleur. Ces travaux, parus dans Nature Communications, apportent ainsi un nouvel éclairage sur les mécanismes de la douleur neuropathique.
La douleur neuropathique touche 7 à 10 % de la population dans le monde. Elle résulte d’une lésion ou maladie du système nerveux somatosensoriel[1] et se caractérise par une douleur pouvant être très invalidante, s’inscrivant dans le temps long et résistante à la plupart des traitements.
La sensibilisation centrale est l’un des phénomènes neurologiques impliqués dans les mécanismes de la douleur neuropathique. Elle se met notamment en place dans la corne dorsale de la moelle épinière – premier relais central de traitement de l’information sensorielle provenant des tissus périphériques –, à la suite d’une lésion nerveuse. L’activité des neurones de la corne dorsale est habituellement finement modulée (en les excitant ou en les inhibant), permettant au cerveau de distinguer les différents types de stimuli (toucher, pression, température, douleur…).


