DIVERCHIM, spécialiste de la synthèse à façon de principes actifs
Du laboratoire à la production en routine de centaines de kilos, une même excellence au service de l’industrie pharmaceutique, cosmétique et des biotechs !


La société DIVERCHIM, basée à Roissy-en-France en région parisienne (95), enregistre depuis trois ans une croissance remarquable. Spécialisée dans la production de principes actifs en petites quantités pour les industries pharmaceutiques, cosmétiques et biotechnologiques, elle a multiplié par trois son chiffre d’affaires, plus que doublé ses effectifs et investi près de 2,5 millions d’euros, notamment dans l’extension de ses unités de synthèse et l’acquisition de nouveaux équipements de production et d’analyse. Une belle dynamique et des objectifs ambitieux que nous expose le directeur général de DIVERCHIM, M. Pierre CHARRIER, avec une énergie tout aussi communicative que le souffle nouveau qu’il a donné à l’Entreprise depuis sa reprise en 2017 !

La Gazette du Laboratoire (LGdL) : « Bonjour Monsieur CHARRIER. DIVERCHIM a 20 ans cette années. Quelles grandes étapes ont marqué son histoire ? Comment votre parcours a-t-il croisé celui de l’entreprise ? »
Pierre CHARRIER (P. A.) :
« DIVERCHIM a été créée en 2000 sur le marché de la recherche et du développement à façon en chimie fine. Ses activités de CRO [Contract Research Organization] ont connu une croissance importante jusqu’au milieu des années 2010. Mais, peu de temps après avoir engagé un projet immobilier de grande envergure, l’entreprise a dû faire face au ralentissement du secteur de la sous-traitance pharmaceutique. En dépit de l’excellence de son savoir-faire, largement reconnu, elle s’est vue placée en redressement judiciaire, en 2016.

J’exerçais quant à moi depuis 25 ans sur le marché de la chimie fine et de la fabrication pharmaceutique sous contrat [au sein d’industries telles que Minakem, Delpharm ou encore Isochem] quand DIVERCHIM m’a contacté, en mars 2016, pour réaliser une mission de revue stratégique et lui trouver des relais de croissance. J’ai ainsi pu étudier le marché, identifier les atouts et faiblesses de l’entreprise, et j’ai décidé avec le soutien de plusieurs autres actionnaires - dont un laboratoire pharmaceutique [les laboratoires Intsel Chimos] - de m’investir dans la reprise de son activité, tout en faisant évoluer son business model ».

LGdL : « Quels relais de croissance ont été trouvés ? Quel nouveau business model avez-vous mis en place ?»
P. C. :
« Parallèlement à ses prestations de recherche, et grâce à la mise en place dès 2011 d’un système qualité répondant aux Bonnes Pratiques de Fabrication, la société DIVERCHIM avait initié depuis plusieurs années déjà une activité de production à façon de principes actifs. Son système qualité cGMP a été audité avec succès par l'ANSM en octobre 2015 [certification renouvelée en 2019] et nous avons décidé en 2017 de capitaliser sur ce savoir-faire pour déployer son activité de développement et de production. Le business model de DIVERCHIM a ainsi été transformé de CRO vers celui de société de développement et de production à façon de principes actifs [Contract Development and Manufacturing Organization, CDMO] dont les revenus sont plus récurrents que ceux de la recherche ».

LGdL : « Comment se positionne aujourd’hui DIVERCHIM sur les marchés de la recherche et de la production sous contrat ? »
P.A. : « 
Les activités de DIVERCHIM ont aujourd’hui trouvé un bon équilibre, en termes de chiffres d’affaires et de nombre de projets, entre ses prestations de recherche et celles de développement et de production sous contrat. La synthèse à façon de molécules organiques complexes et originales sur les marchés de la pharmaceutique et de la cosmétique représente le cœur de métier de l’entreprise et sa principale expertise. Nous prenons en charge des projets de l’échelle du laboratoire à la production préclinique et clinique en routine, soit de quelques grammes à quelques centaines de kilogrammes par lot. Ce positionnement nous permet de ne pas entrer en concurrence directe avec les gros industriels de la chimie fine dont les équipements pilotes ou les kilolabs sont principalement dédiés au scale-up de leurs projets en cours d'industrialisation. Il constitue également un atout vis-à-vis de la concurrence internationale, notamment asiatique, dont les tarifs même quelque peu plus attractifs, ne présentent pas de différence significative sur de petits volumes, alors que nous offrons à nos clients un gain évident en termes de transparence, de qualité et de sécurité de gestion et d'approvisionnement.

Nous accompagnons ainsi les laboratoires, des start-up et sociétés de biotechnologies aux big pharmas, y compris dans le domaine du diagnostic, sur la base de l’expérience et des expertises combinées de nos équipes en drug discovery, design et synthèse à façon de molécules complexes pour de nombreuses classes de principes actifs (produits naturels, stéroïdes, alcaloïdes…), développement de méthodes analytiques, développement de procédés et fabrication sous BPF, contrôle qualité et support réglementaire …. Le savoir-faire de nos chimistes nous a également permis de développer un catalogue de plus de 10 000 molécules mises à la disposition de nos clients, ainsi qu’une large gamme de services analytiques ».

LGdL : « Quelques précisions peut-être sur les classes de principes actifs et le stade de développement des produits sur lesquels vous travaillez ? »
P.C. : « 
Les prestations CDMO de DIVERCHIM s’organisent aujourd’hui autour de deux grands champs d’activités :
Le premier cible la fabrication
de principes actifs déjà sur le marché, pour le compte de laboratoires pharmaceutiques ou cosmétiques cherchant un nouveau fournisseur, notamment suite à un arrêt de production du précédent, des difficultés d’approvisionnement ou encore des externalisations… Cette reprise de production pour de petites quantités de produits matures constitue une solution face par exemple à la pénurie de certains médicaments d’urgence, particulièrement exacerbée aujourd’hui dans le cadre de la crise Covid, et trouve toute son importance pour redonner à la France sa souveraineté sanitaire ! Une part importante du travail de DIVERCHIM consiste alors à intégrer les nouvelles connaissances et exigences réglementaires, et valider le changement de site auprès des autorités de santé. Nous accompagnons nos clients sur l’ensemble de ce processus qui nécessite parfois plus d’un an, jusqu’à aboutir aux dépôts et aux enregistrements des AMM auprès de l’ANSM. Aujourd’hui, trois et bientôt quatre principes actifs sont en phase de production au sein de nos installations, sous contrats récurrents avec de grands laboratoires pharmaceutiques.

Le deuxième grand pôle d’activités CDMO de DIVERCHIM concerne la synthèse à façon de molécules thérapeutiques ou d’actifs cosmétiques en phase de développement : des composés de plus en plus complexes, nés des projets de drug discovery et thérapies innovantes de start-up, sociétés de biotechnologies ou de grands laboratoires. Sur ces nouveaux marchés également, nous accompagnons nos clients sur l’ensemble de leurs programmes de développement, depuis le choix de la voie de synthèse, au contrôle qualité des procédés, la traçabilité et le suivi analytique des matières premières jusqu’aux produits finaux, en intégrant aussi le montage des dossiers IMPD (Investigational Medicinal Product Dossier) pour l’obtention auprès des autorités compétentes de l’autorisation de mener des essais cliniques. Cette activité connait depuis trois ans une croissance importante, portée par notre expertise dans plusieurs niches en très fort développement comme la médecine nucléaire pour la production de produits de théranostique, la thérapie génique pour la fabrication de polymères de transfection, les vaccins pour la synthèse notamment des adjuvants, ou encore le diagnostic qui nécessite des molécules de plus en plus complexes, souvent couplées à des protéines ».

LGdL : « Qu’en est-il de l’évolution de vos effectifs et de vos installations ? »
P. C. :
« DIVERCHIM réunissait 26 collaborateurs en juillet 2017, 34 en 2018 et 40 en 2019 pour atteindre aujourd’hui un effectif de 54 personnes. Tous nos services ont profité de ces recrutements, à l’exemple de l’Assurance Qualité qui ne comptait il y a trois ans qu’une personne, contre quatre aujourd’hui et bientôt cinq, du contrôle qualité, passé de quatre à douze collaborateurs, et bien sûr des laboratoires et de la production où de nombreux techniciens, docteurs et ingénieurs de haut niveau en chimie organique et analytique, sont venus compléter les équipes. L’ensemble de nos collaborateurs est recruté en CDI ou sous contrat d’apprentissage, qui constitue un vrai tremplin pour accéder à un poste chez DIVERCHIM. Six nouveaux alternants, de niveau technicien et ingénieur, sont d’ailleurs accueillis cette année dans nos unités. La moyenne d’âge de nos équipes est inférieure à 32 ans.

Nos installations représentent également un atout clé de l’entreprise. Elles ont bénéficié de près de 2,5 millions d’investissement et énormément évolué ces trois dernières années. Notre bâtiment est implanté sur un terrain de 8000 m² au sein d’une zone d’activités [à Roissy-en-France] moderne et agréable. Nous y disposons de près de 3000 m² de laboratoires dont deux dédiés aux productions BPF pour des quantités de quelques dizaines de grammes, trois kilo-labs dont deux BPF équipés de réacteurs de 1 à 100 litres afin de fabriquer quelques centaines de grammes à quelques kilogrammes, ainsi qu’une unité pilote BPF, inaugurée cette année, dotée de réacteurs de 250 litres pour des productions de quelques dizaines de kilogrammes par lot. Nous sommes ainsi passés en trois ans d’une à cinq zones de fabrication et travaillons aujourd’hui à l’aménagement de deux autres zones BPF, qui seront opérationnelles dès octobre.

Plus de 700 000 € ont également été investis en instrumentation, en particulier pour l’acquisition de matériels spécifiques aux zones de fabrication (réacteurs, pompes, groupes froid, groupes de chauffe, balances…) et de technologies analytiques de dernière génération : RMN, analyse élémentaire, taux d’eau par coulométrie ou Karl Fisher, polarimètrie, SFC (chromatographie en phase supercritique), GC Headspace, HPLC, HPLC Chirale, HPLC SEC… Nous disposons ainsi aujourd’hui de sept chaines HPLC- contre deux seulement il y a trois ans - et nous sommes récemment dotés d’une LC-Tof, en remplacement d’une ancienne LC/MS. Nos prochains investissements viseront probablement l’achat d’une chromatographie ionique et d’une nouvelle RMN qualifiée. Il serait intéressant également de compléter notre parc de deux nouvelles HPLC… »

LGdL : « Quels autres objectifs se fixe DIVERCHIM pour les mois et années à venir ? »
P. C. :
« Les activités de DIVERCHIM connaissent une croissance importante, aujourd’hui principalement auprès de clients européens, mais aussi de plus en plus aux Etats-Unis, en Asie ou encore en Australie. Un de nos objectifs clés pour 2021 est de développer beaucoup plus largement nos prestations à l’international, et dans cette optique, mener à bien notre démarche d’agrément auprès de l’Administration américaine des médicaments (FDA). Nous avons pour cela bénéficié de précieux conseils de l’ANSM, en particulier sur le plan du management de la qualité, pour atteindre un niveau BPF d’excellence, et avons beaucoup travaillé sur la sécurisation des données et l’analyse de risques.

Autres projets que nous souhaitons concrétiser sous six mois à un an :
la construction de salles blanches ISO 5 et ISO 7, en vue du lancement de nouvelles prestations Fill & Finish, opérations qui consistent à réaliser des solutions de principes actifs à des concentrations données, puis à les répartir dans des vials de 2, 5 ou 10 ml avant de les lyophiliser ;
le développement de notre activité de synthèse de médicaments d’urgence, associé à celui de la chimie en continu. 300 à 400 000 € seront ainsi investis dans l’aménagement d’une nouvelle zone avec la mise en œuvre de procédés de chimie en flux, plus respectueux de l’environnement.

Parallèlement à nos investissements matériels, nous maintenons une politique active de recrutement, notamment pour des postes de techniciens supérieurs en développement et production, ainsi que de docteurs et ingénieurs de haut niveau. Notre terrain de 8000 m², enfin, nous permet de disposer de capacités d’extension toujours importantes, avec la possibilité si besoin de construire un second bâtiment et doubler ainsi la surface de nos installations...

Enfin, nous profitons dans le cadre de notre développement d’un soutien juridique de grande qualité de la part de France Chimie sur le plan de la réglementation HSE et des ressources humaines. »

Pour en savoir plus :
www.diverchim.com

S. DENIS


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