SPECIAL RSE : Transformation durable
Dans un contexte où les enjeux environnementaux deviennent centraux et où les laboratoires attendent de leurs partenaires des pratiques écoresponsables concrètes, le CIFL - Comité Interprofessionnel des Fournisseurs du Laboratoire – a engagé une réflexion collective autour de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
Au cœur de cette dynamique, une nouvelle commission dédiée - animée par Matthieu BOYER (Sarstedt France) et Christophe PERES (Le Labo Durable), respectivement trésorier et administrateur du CIFL – élabore une feuille de route à la fois pragmatique et ambitieuse, pensée « par les adhérents, pour les adhérents ». Gros plan !
Le CIFL, organisme fédérateur des fournisseurs du Laboratoire
Depuis plus de 65 ans, le CIFL fédère fabricants, distributeurs et prestataires de services sur le marché français du laboratoire. De la recherche, à l’analyse et au contrôle, l’association rassemble aujourd’hui plus de 200 entreprises spécialisées de toutes tailles, aux métiers et clients multiples. Son objectif : écouter, informer, conseiller et représenter chacun de ses adhérents au service de l’intérêt commun.
Tout au long de l’année, le CIFL met ainsi à disposition de ses adhérents des outils variés (newsletters, statistiques, études de marché, formations…) et favorise les échanges au travers de rencontres, d’enquêtes et de commissions de travail, dont les thématiques évoluent au rythme de l’actualité et des besoins exprimés. C’est dans cette dynamique que la RSE, identifiée comme levier structurant, fait aujourd’hui l’objet d’une commission dédiée.
Une démarche pionnière
A l'instar d'autres filières professionnelles, la démarche RSE du CIFL a été lancée lors de l’Assemblée Générale 2024, avec trois objectifs : sensibiliser les adhérents aux fondamentaux de la RSE, identifier les enjeux prioritaires et concevoir un outil commun d’évaluation.
Après deux webinaires organisés en 2024 et 2025, ce travail a abouti à la création d’un outil d’autodiagnostic, mis à disposition des adhérents. Conçu par et pour la filière, il permet à chacun d’évaluer sa maturité RSE, d’identifier des pistes d’amélioration et d’engager une réflexion interne sur ces sujets complexes mais structurants. « Plus qu’un outil d’évaluation, cette démarche a permis de susciter le questionnement ; l’enjeu premier étant la prise de conscience et l’appropriation des sujets par les entreprises », souligne Christophe PERES.
Une commission centrée sur l’écoute et la réalité terrain
Ces premiers échanges autour des pratiques écoresponsables ont conduit en 2025 à la création d’une commission dédiée « RSE & Durabilité », animée par Christophe PERES et Matthieu BOYER. « Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et économiques, la RSE reste encore trop souvent perçue comme un sujet secondaire », constate Christophe PERES. « Les enjeux sont pourtant majeurs et leurs impacts à long terme sur nos organisations sont bien réels. »
Pour Matthieu BOYER, la complexité du sujet tient aussi à sa dimension transversale : « Toutes les fonctions de l’entreprise sont concernées : achats, logistique, ventes, RH ou encore packaging… Les questionnements sont multiples et diversifiés… » Des limites réglementaires subsistent également : « Alors que les critères RSE sont de plus en plus présents dans les appels d’offres publics, certaines mesures restent difficiles à mettre en œuvre, comme la prise en compte de la provenance des instruments, incompatible avec la réglementation du libre-échange européen, ou encore l’application d’un critère RSE à hauteur de 25 % pour les GHT (Groupements Hospitaliers de Territoire), toujours en attente d’un arrêté officiel », regrette-t-il.
Une approche pragmatique et fédératrice
Face à la diversité des besoins et des attentes du secteur, la commission revendique une approche pragmatique et fédératrice. « L’objectif n’est pas d’imposer une vision “prophétique” de la RSE », rappelle Christophe PERES. « Il s’agit avant tout d’écouter, d’expliquer et de prendre en compte les réalités et contraintes des adhérents. »
La priorité de cette nouvelle commission RSE & Durabilité du CIFL est donc claire : créer l’adhésion autour de besoins concrets tout en gardant le cap sur l’objectif central : réduire l’empreinte environnementale et renforcer la résilience des entreprises du secteur.
Pour bâtir sa feuille de route, la commission travaille aujourd’hui sur un questionnaire visant à identifier les priorités des adhérents. Les résultats sont attendus avant l’été 2026, pour un déploiement des actions au second semestre. Plusieurs initiatives ont toutefois déjà été engagées, à l’image du partenariat conclu avec Climeet, offrant aux adhérents du CIFL un accès privilégié pour mesurer et piloter l’empreinte carbone de leurs événements.
Des initiatives concrètes au service des adhérents
« Le rôle du CIFL est précisément de décrypter ces sujets d’actualité, mutualiser l’expertise et simplifier l’accès à l’information pour ses adhérents », complète Matthieu BOYER. « Cette approche pragmatique est essentielle dans une filière composée majoritairement de PME, qui ne disposent pas toujours des ressources nécessaires pour répondre seules à la multiplication des exigences administratives et réglementaires. »
Cette démarche s’inscrit d’ailleurs dans la continuité d’autres initiatives écoresponsables développées par le CIFL, notamment au sein de commissions connexes comme celle dédiée au recyclage des équipements électriques et électroniques (DEEE), mais aussi de réflexions autour de la réduction des emballages ou encore d’un dispositif d’achats mutualisés.
Achats, recrutement : la RSE s’impose dans les laboratoires
La RSE prend bel et bien une place croissante dans les laboratoires. La réduction de l’empreinte carbone notamment devient un critère structurant dans le choix des fournisseurs. « Nous observons auprès des services achats, en particulier au sein des grands groupes, l’intégration croissante des critères RSE dans les pratiques de sélection. Les acheteurs eux-mêmes sont de mieux en mieux formés », commente Christophe PERES.
Les ressources humaines sont également concernées, avec l’émergence de la « marque employeur ». Les nouvelles générations, souvent plus sensibles aux enjeux sociétaux et environnementaux, expriment des attentes plus fortes, contribuant ainsi à accélérer la prise de conscience dans les entreprises.
« La RSE, en effet, ne se limite pas à l’environnement », insiste Matthieu BOYER. « Les dimensions sociales comme l’emploi, le handicap, la qualité de vie au travail et le soutien de l’économie locale font pleinement partie de la réflexion engagée » Cette vision se traduit aussi dans les actions de mécénat et de solidarité initiées ces dernières années par le CIFL, notamment auprès de l’association Aïda pour les enfants atteints de cancer et de la Maison de la Cosmétique.
« Par les adhérents, pour les adhérents », la force du modèle CIFL
Au cœur du dispositif RSE du CIFL, une conviction forte : la transformation durable ne se décrète pas, elle se construit ensemble. Les commissions de l’association sont d’ailleurs ouvertes, non seulement aux dirigeants et référents des structures, mais aussi à l’ensemble des collaborateurs des entreprises adhérentes.
Le CIFL revendique ainsi une démarche qui fait sa singularité et sa force : « Les adhérents se mobilisent avec les adhérents pour les adhérents. Cette participation collective est en effet essentielle. Les retours des techniciens et des ingénieurs, par exemple, au plus près du terrain, sont particulièrement précieux ; c’est souvent dans le quotidien des laboratoires que naissent les pistes d’amélioration », insiste Christophe PERES.
Du déploiement de l’outil d’autodiagnostic à la création d’une commission RSE & Durabilité et la construction de sa feuille de route, la réflexion RSE engagée se structure et fédère. Loin des effets d’annonce et du greenwashing, le CIFL vous invite à rejoindre cette dynamique, afin de faire de la RSE un vrai levier de transformation durable pour la filière, avec et pour ses adhérents.
Pour en savoir plus : www.cifl.com
S. DENIS
© La Gazette du Laboratoire

