2020-11-19 
Une approche One Health au service de la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 en région toulousaine

L’équipe de chercheurs en économie de la santé animale de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) et d’INRAE a évalué les coûts et bénéfices associés à plusieurs scénarios de gestion de la Covid-19, en développant un modèle d’évaluation des stratégies de gestion de la sortie de confinement. Cette étude a été dérivée de méthodes utilisées pour la gestion de maladies d’animaux d’élevage.
 
Cette étude Comportements individuels et stratégie de sortie du confinement COVID-19 : une approche de modélisation bio-économique multidimensionnelle à moyen terme a été publiée le 16 novembre 2020 dans Frontiers in Public Health.

 
La stratégie stop and go (déconfinement et reconfinement ciblés) s’avère être la plus efficace pour limiter à la fois les pertes économiques et les effets de la Covid-19 sur la sante publique. Cette politique « de précision graduelle », proche de celle qui semble actuellement en vigueur en France est justifiée car elle articule des critères économiques, de santé publique, et de bien-être des populations. A l’échelle de la métropole toulousaine, réduire l’activité économique pour limiter la mortalité liée à la circulation virale aurait un impact économique variant de 1.3 à 2.4 milliards d’euros pour une période de 2 ans (en l’absence de vaccin disponible). Une telle stratégie garantirait également un minimum de bien-être sociétal (confinement partiel).
 
Cependant, dans un contexte de non-respect des gestes barrière, qui entraînerait une forte propagation du virus, concilier les 3 critères devient impossible. Dans ce cas le bien être sociétal doit être sacrifié (mesures de confinement local, couvre-feu et autres restrictions) pour épargner un maximum de vies et éviter la surcharge critique des hôpitaux. Le modèle permet d’identifier que le comportement des individus est le paramètre clé de l’évolution de la situation et du compromis entre 3 critères : mortalité, saturation des hôpitaux et bien-être sociétal.
 
Ces résultats montrent que la priorité absolue de la gestion de la pandémie doit être la vulgarisation et la sensibilisation, passant par des mesures dissuasives (amendes) ou incitatives (distributions de masques), pour changer les comportements individuels. Ces résultats montrent aussi que le non confinement, tel qu’observé dans certains pays, est une stratégie adaptée si l’adoption spontanée des gestes barrières par la population est avérée.
 
L’approche retenue pour ce travail de recherche est en fait régulièrement utilisée en santé animale, notamment pour la gestion des maladies contagieuses telles que l’Influenza, la Fièvre aphteuse ou la Peste porcine africaine. L’initiative One Health/une seule santé, qui met en évidence les dépendances entre les acteurs de la santé humaine et animale, prend tout son sens ici pour une évaluation économique, au service de la prise de décision politique.
 
Auteurs :
Ahmed Ferchiou1, 2*, Remy Bornet1, Guillaume Lhermie1, 2, Didier Raboisson1, 2
1 École Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT), France
2INRAE UMR1225 Interactions Hôtes Agents Pathogènes (IHAP), France
https://veteconomics.envt.fr
 
Accéder à l’article complet : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpubh.2020.606371/full

 

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