2025-11-17
Une étude révèle la diversité des premiers chiens
Les chiens présentent une morphologie distincte de celle des loups dès environ 11 000 ans avant notre ère. Dès cette époque, une étonnante diversité existait déjà chez ces premiers chiens, bien avant la sélection du XIXe siècle à l’origine des races modernes. C’est ce qu’a révélé une équipe de recherche internationale menée par une scientifique du CNRS1 . Ces résultats, publiés dans Science le 13 novembre, éclairent les débuts de la domestication et ouvrent de nouvelles perspectives sur la longue histoire des relations entre l’humain et le chien.
Ces conclusions reposent sur l’analyse 3D de 643 crânes de canidés datant des 50 000 dernières années, issus d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. En utilisant une méthode innovante de morphométrie géométrique2 , les scientifiques ont pu distinguer avec précision les spécimens de loups et de chiens préhistoriques, sans se limiter aux caractéristiques des races modernes. Cette approche révèle qu’au début de l’Holocène, qui a débuté il y a 10.000 ans, les chiens affichaient déjà une diversité morphologique reflétant probablement la variété de leurs usages dans les sociétés humaines3 (chasse, protection, garde des troupeaux, etc.). En revanche, au Paléolithique supérieur, période pendant laquelle le début de la domestication a sans doute eu lieu, aucune forme distincte du loup n’a jusqu’à présent été identifiée.
Alors que l’origine géographique exacte et les modalités de la domestication des chiens restent difficiles à retracer en raison des nombreux échanges entre populations, cette étude apporte un éclairage majeur sur la pluralité des premiers chiens. Elle suggère que leur diversification morphologique est intervenue il y a longtemps et rapidement, tout en invitant à reconsidérer la variété du rôle que ces animaux ont joué dans les sociétés préhistoriques.