2026-04-15
Une seule santé face aux maladies émergentes
L’augmentation de la population, la mondialisation des échanges, l’élevage intensif, la déforestation, le dérèglement climatique sont autant d’éléments qui contribuent à perturber le fonctionnement des écosystèmes et à favoriser l’émergence et la circulation des virus, des bactéries et des parasites, et leur passage de l’animal à l’homme. Conséquence : les vagues épidémiques voire pandémiques n’ont jamais été aussi nombreuses.
Avant le XXe siècle, une pandémie se déclarait tous les siècles en moyenne. Depuis le début du XXIe siècles, six pandémies se sont déjà produites, toutes causées par des virus issus du monde animal : SRAS, grippe H1N1 pandémique, MERS-CoV, Zika, Ebola et tout récemment Covid-19. Le concept « Une seule santé » ou One Health, qui souligne l’interdépendance de la santé animale, humaine et environnementale, a émergé à ce moment, dans les années 2000.
Pour anticiper l’émergence de ces maladies infectieuses chez l’homme et les contrôler au mieux, il est indispensable de développer une approche globale reconnaissant l’interdépendance étroite entre la santé humaine, animale et environnementale. Impossible en effet d’enrayer la prolifération de la dengue en France sans considérer les effets du réchauffement climatique sur l'implantation du moustique-tigre ou d’empêcher les foyers épidémiques saisonniers de Nipah au Bangladesh sans comprendre le rôle des chauves-souris dans la transmission du virus.
Cette approche a fait l’objet d’un Sommet présidentiel du 5 au 7 avril 2026 à Lyon (One Health Summit) s’inscrivant dans le cadre des One Planet Summit, réunions internationales lancées en 2017 et qui rassemblent de nombreux décideurs autour de la mise-en-œuvre d’initiatives pour lutter contre les changements globaux.
L’Institut Pasteur y a présenté son nouveau centre de recherche de pointe sur les infections liées au climat et à l'environnement, dédié aux maladies infectieuses émergentes. Ce centre permettra en particulier d’étudier les agents pathogènes transmis par des vecteurs (insectes, arthropodes). Actuellement en construction sur son campus, il sera inauguré en 2028.
L’Institut Pasteur a également présenté la coordination d’études de terrain, notamment un projet visant l’élimination de la rage humaine à l’échelle mondiale.
Des projets majeurs qui permettront d’anticiper et de prévenir les crises sanitaires mondiales dans un contexte de dérèglement environnemental et de circulation accrue des agents infectieux.
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