2026-08-26
Voir le cancer dans son ADN : aux origines de la médecine de précision
« Les grandes avancées de la cancérologie » – Épisode 3/4. Aujourd'hui incontournable en oncologie, le profilage moléculaire des tumeurs est l'un des piliers de la médecine de précision. Dès 2011, trois médecins-chercheurs de Gustave Roussy en définissaient les grands principes dans un article publié dans le Journal of Clinical Oncology, avec une ambition claire : orienter chaque patient vers les thérapies ciblées les plus adaptées à sa maladie.
En 2011, l'oncologie est à un tournant. Depuis plusieurs années, le succès de certaines thérapies démontre qu'il est possible de traiter un cancer en ciblant certaines de ses caractéristiques moléculaires. Pour les chercheurs et les cliniciens, une question s'impose alors : comment identifier, chez chaque patient, les anomalies génétiques susceptibles d'être ciblées par ces nouveaux traitements ?
« À l’époque, nous voyions arriver un nombre croissant de thérapies ciblées évaluées dans des essais cliniques de phase I. Mais les techniques disponibles afin d’orienter les patients vers le bon traitement permettaient de séquencer un seul gène à la fois, alors que nous avions besoin de séquencer l’ensemble de la tumeur pour rechercher toutes les altérations ciblables. Ces nouvelles thérapies représentaient ainsi une excellente nouvelle pour les patients, mais aussi un défi au niveau diagnostic », se souvient le Pr Fabrice André, directeur de la recherche à Gustave Roussy.
En effet, à mesure que de nouvelles mutations sont identifiées, il devient impossible de les rechercher gène par gène chez les patients. Parallèlement, les essais cliniques continuent d'inclure des populations très larges, alors même que certaines altérations ne sont présentes que chez une faible proportion de malades. Pour les oncologues, une question commence à s'imposer : comment identifier rapidement le bon patient pour le bon traitement ?
Communiqué de presse en ligne