2018-07-04 
Les christensenella, pierre angulaire du microbiote intestinal ?

LNC Therapeutics, société française de biotechnologie spécialisée dans la recherche et le développement de médicaments basés sur le fonctionnement du microbiote intestinal, accentue aujourd'hui ses recherches sur une nouvelle famille de bactéries, les christensenella, et leur rôle en tant que régulateur du microbiote intestinal dans différentes maladies chroniques métaboliques. LNC Therapeutics est la première société au monde à utiliser le potentiel thérapeutique du groupe des christensenella afin de traiter les personnes atteintes d'obésité ou de maladies cardio-métaboliques.

LNC Therapeutics fait aujourd'hui le point sur les avancées en matière de recherche autour de cette famille de bactéries et de son rôle fortement pressenti dans les causes de l'obésité.

Notre tube digestif abrite un nombre de microorganismes : bactéries, virus, archées, champignons, qui représente environ 2 kg de notre masse totale. L'ensemble de ces organismes constitue notre microbiote intestinal, ou « flore intestinale ». Depuis quelques années, les progrès du séquençage et de la métagénomique ont permis d'analyser le contenu génétique du microbiote humain, et d'identifier plus de 2 000 bactéries nouvelles. Grâce à la métagénomique, nous avons donc accès à la composition du microbiote sans avoir à cultiver tous les microorganismes constituant cette flore. En effet, seulement 20% des bactéries identifiées sont cultivées, en raison de l'environnement complexe très particulier du tube digestif. En 2012, une nouvelle espèce a été identifiée et cultivée à partir de fèces humaines : Christensenella minuta, baptisée en l'honneur du microbiologiste Henrik Christensen. C'est une bactérie anaérobie, qui ne peut survivre en présence d'oxygène, et sa culture nécessite un équipement et un savoir-faire particulier.

 

Modulation du microbiote et des christensenella : une piste majeure dans la lutte contre l'obésité

Nous savons aujourd'hui que le microbiote intestinal humain est lié à l'apparition de certaines pathologies « modernes », telles que l'obésité, le diabète, la dépression, et la prévalence de ces maladies ne cesse d'augmenter. De façon remarquable, des études récentes utilisant la métagénomique notamment ont montré que l'abondance des bactéries du cluster christensenella varie en fonction de l'état de santé de l'hôte, en particulier dans l'obésité.

Facteur de risque pour de nombreuses maladies, l'obésité est associée à une baisse de la diversité du microbiote, lequel étant significativement différent entre sujets obèses et sujets sains. Dans une cohorte anglaise de jumeaux menée par King's College London, il a été montré pour la première fois en 2014 que la famille des christensenella était significativement enrichie chez les sujets avec un indice de masse corporelle (IMC) bas. Ceci a été confirmé ensuite par des études japonaise, mexicaine espagnole et sud-coréenne. Pour aller plus loin, des chercheurs de l'étude américaine de Cornell se sont joints à l'équipe de King's College et ont transféré le microbiote d'un sujet obèse auquel ils avaient ajouté une espèce de christensenella (C. minuta) [1]  ou non, à des souris stériles. Les souris colonisées avec le microbiote « obèse + C. minuta » ont montré un gain de poids et une adiposité plus faible que les souris qui n'avaient reçu que le microbiote « obèse ». Ainsi, la présence de C. minuta dans le microbiote intestinal limiterait l'accumulation de graisse et aurait des effets bénéfiques pour l'hôte.

L'obésité est un moteur de développement du syndrome métabolique, caractérisé par des taux élevés de triglycérides, des taux de HDL faibles, de l'hypertension et une glycémie élevée. Une étude menée aux Pays-Bas a montré que tout comme le gras viscéral, les triglycérides circulants sont négativement corrélés avec l'abondance des christensenella, alors que le « bon » cholestérol (HDL) est positivement corrélé avec ces bactéries. L'obésité et le syndrome métabolique sont tous deux des facteurs de risque majeurs de développement du diabète de type 2, maladie ou le glucose est mal régulé. Une autre étude a montré qu'une

abondance faible en christensenella était associée à un état prédiabétique. Plus généralement, la présence de christensella est réduite dans certaines pathologies, telles que certaines maladies inflammatoires de l'intestin et maladies cardiométaboliques.

Plus généralement, les christensenella semblent faire partie d'un écosystème de bactéries bénéfiques. Par exemple, plusieurs études ont montré que la présence de christensenella était corrélée à une bactérie bénéfique appelée oscillospira et est associée à une plus grande diversité du microbiote intestinal. Le groupe christensenella se place ainsi comme une pierre angulaire du microbiote intestinal humain.

 

D'autres facteurs modulent l'abondance des christensenella
Nous savons aujourd'hui que la composition du microbiote, bien que faisant preuve d'une certaine stabilité chez les personnes en bonne santé, n'est pas immuable et qu'elle varie sous l'action de différents facteurs. En particulier, l'abondance des christensenella varie sous l'influence de l'âge, de l'alimentation et du patrimoine génétique.
Parmi ces facteurs, c'est le régime alimentaire qui a le plus d'influence sur la flore intestinale, et sur l'abondance des christensenella. Par exemple, une étude menée à l'Université de Caroline du Nord chez des individus intolérants au lactose a montré que l'abondance des christensenella est augmentée par la prise d'un complément alimentaire à base de galactooligosaccharides (sucres présents notamment dans les graines et dans certaines légumineuses) suivie d'un régime riche en produits laitiers. Une étude menée à Valence, en Espagne, a montré qu'en plus d'être associées à un IMC bas, les christensenella sont davantage présentes chez les individus dont le régime alimentaire est proche du régime méditerranéen (huile d'olive, crudités, ...), considéré très bon pour la santé.
Ensuite, la composition du microbiote intestinal varie de manière significative au cours des années. Des chercheurs de l'Université de Bologne en Italie ont étudié la composition du microbiote intestinal de sujets regroupés par âge
 : adultes (22-48 ans), personnes âgées (65-75 ans), centenaires (99-104 ans) et semi super-centenaires (105-109 ans). Ils ont montré que l'abondance des bactéries du « core microbiote », l'ensemble fondamental de bactéries communes aux personnes en bonne santé, diminue au fil des années. En particulier, l'abondance relative des christensenella augmente nettement chez les centenaires et les semi super-centenaires. Les christensenella sont donc peut-être une signature du microbiote des personnes ayant une extrême longévité.
Enfin, le patrimoine génétique (génotype) d'un individu conditionne en partie la composition de son microbiote intestinal. En effet, parmi les bactéries qui vivent dans nos intestins, certaines sont plus «
 héritables » que d'autres, c'est-à-dire que l'impact du génome transmis par les parents, est plus important. Deux études totalement indépendantes, l'une menée au Royaume-Uni et l'autre, menée en Corée du Sud, ont montré que le cluster christensenella était l'un des plus héritables. 

 

Vers le développement de nouvelles thérapies
Si ces liens entre microbiote et pathologies telles qu'obésité et diabète sont indéniables, les mécanismes d'action et les relations de cause à effet ne sont pas encore complètement identifiées. Le microbiote est modulable par différents facteurs, nutritionnels, génétiques, environnementaux, ... La question est donc de savoir si c'est le microbiote qui conditionne les pathologies ou bien les pathologies qui conditionnent le microbiote. La réponse se situe probablement entre les deux, les deux s'influençant mutuellement par l'intermédiaire de réseaux d'interactions complexes à découvrir.
Parmi les mécanismes envisagés, il est possible que des métabolites sécrétés par ces bactéries leur permettent d'interagir avec différentes cellules et tissus de l'hôte, en périphérie et au niveau central. Ainsi, les christensenella
pourraient servir à l'élaboration de biomarqueurs, soit par leur association avec des pathologies, soit par l'intermédiaire des métabolites qu'elles secrètent, ainsi qu'à de nouvelles thérapies. En particulier, les christensenella pourraient ouvrir la voie à une médecine personnalisée basée sur le microbiote intestinal.
Ainsi, bien que de nombreux champs restent encore à explorer, il semble évident que les christensenella jouent un rôle majeur au sein du microbiote intestinal. Aujourd'hui, LNC Therapeutics est pionnière dans l'utilisation du potentiel thérapeutique des christensenella.

A propos de LNC Therapeutics
LNC Therapeutics est une société française de biotechnologie spécialisée dans la recherche et le développement de médicaments basés sur le fonctionnement du microbiome intestinal. Fondée en 2010, le principal objectif de la société est aujourd'hui le développement de nouveaux candidats médicaments pour lutter contre l'obésité et les maladies cardiométaboliques (aires thérapeutiques historiques de la société), et d'élargir son expertise vers d'autres maladies impactantes. LNC Therapeutics travaille sur la digestion des protéines dans le colon, chose inédite actuellement, afin de mieux comprendre le mode d'action de certaines bactéries, de leurs dérivés et leur action sur le microbiote intestinal. Soutenue par les principaux investisseurs en capital de risque, tel que Seventure Partners (avec son fonds dédié au microbiome, Health for Life Capital) et des Family Offices, la société cultive des collaborations mondiales avec des experts médicaux de renom pour s'assurer des plus hauts niveaux de standards dans le développement de médicaments innovants.
Avec un total de 16,5 M € levés depuis sa création, dont 1,5 M€ de la BPI française et de la Région Aquitaine, LNC Therapeutics poursuit ses programmes de recherche ambitieux et innovants pour lutter contre l'obésité et les maladies cardiométaboliques et créer les traitements de demain.
Plus d'information sur :  www.lnctherapeutics.com

 

Contacts presse

Agence Yucatan
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cprince@yucatan.fr & edebes@yucatan.fr

LNC Therapeutics
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+33 5 57 83 15 03
caroline.bernard@l-n-c.fr 


[1] Christensenella minuta

 

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