2018-07-25 
EMBRYON SOUS PRESSION

S'il est désormais établi qu'une contrainte mécanique peut avoir un effet sur le destin biologique cellulaire, il restait à savoir comment, à l'échelle moléculaire, s'opérait la traduction biologique du signal physique reçu par la cellule, in vivo et dans son contexte physiologique. C'est maintenant chose faite grâce à l'équipe d'Emmanuel Farge.
 
Pendant longtemps l'idée qui a dominé était qu'un embryon se développait en suivant un « programme de construction » pré-établi contenu dans les gènes. « Cette conception n'est pas erronée, explique Emmanuel Farge, Directeur de recherche Inserm à l'Institut Curie, mais elle est incomplète. »
Son équipe Mécanique et génétique du développement embryonnaire et tumoral (Inserm/CNRS/Sorbonne université/PSL) a en effet montré que les contraintes et déformations mécaniques subies par l'embryon influencent, voire régulent, l'expression de certains gènes du développement.  
 
De nombreuses forces au cœur du développement d'un embryon et d'une tumeur
A tous les stades du développement embryonnaire correspond une forme particulière. Ces déformations successives, génétiquement régulées, provoquent des contraintes mécaniques sur l'embryon. Et elles ne sont pas anodines. En modifiant en retour l'expression de certains gènes, elles contrôlent alors certains pans du développement de l'organisme en devenir.
« Il est en de même dans les cancers », ajoute le chercheur. « Les tumeurs, dès les premiers stades, se caractérisent par une hyperprolifération, ce qui dans environnement contraint se traduit par une pression supérieure à la normale. » Son équipe a d'ailleurs montré que des cellules saines voisines de la tumeur, mais compressées, pouvaient devenir hyperprolifératives, voire tumorales dans certains contextes génétiquement prédisposés.

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Catherine GOUPILLON – SENGHOR
Responsable des relations presse
Institut Curie Paris l Orsay l Saint-Cloud
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