2020-01-15 
Lâcher de moustiques stériles : vers la commercialisation de drones…

 

Le Cirad vient d’obtenir une subvention de l’ERC Proof of Concept (POC) pour développer, en partenariat avec une start-up européenne, deux versions de drone permettant de lâcher des mâles stériles de moustiques. Des versions antérieures du drone ont déjà été testées au Brésil, en Thaïlande et à Singapour. Cette technologie permet de réduire fortement les coûts des lâchers habituellement réalisés au sol.

 
MOSQUAREL, pour Mosquito Aerial Release : c'est le nom du projet d’un an porté par le Cirad et dont l’ERC POC vient d’annoncer le financement.  Ce projet a pour objet de mener au stade de la commercialisation des drones libérant des moustiques mâles stériles par voie aérienne, dans le respect des réglementations en vigueur. L’objectif de ces futurs lâchers serait de réduire, de manière biologique, les populations de moustiques sévissant dans certaines zones, afin de lutter contre les maladies qu’ils transmettent comme la dengue, le zika ou le chikungunya.

Jusqu'à récemment, il n'existait pas de système aérien pour libérer les moustiques qui sont tous relâchés par le sol selon des méthodes obsolètes (cages ouvertes à l'arrière d'un véhicule…) et coûteuse (20 fois plus chère). Libérer des mâles stériles par drone a donc été une avancée majeure du projet REVOLINC dont découle la preuve de concept. Celle-ci est basée sur une technologie qui a d'abord été développée et brevetée pour les glossines par Jérémy Bouyer, entomologiste au Cirad. Grâce à la collaboration avec le Laboratoire mixte FAO-AIEA de lutte contre les insectes nuisibles, le système a été affiné dans le cadre du projet, puis testé dans plusieurs pays, dont l'Argentine, le Brésil, la Thaïlande et Singapour.

En partant de cette preuve de concept, MOSQUAREL permettra de produire deux versions finalisées de drones (avec et sans parachute) qui seront testées à Montpellier et à La Réunion (France) en collaboration avec l’EID Méditerranée et l’IRD, ainsi qu'à Valence, en Espagne. Ces versions seront conformes à la réglementation européenne de la Commission européenne pour les drones de classe C1, et pourront être mises sur le marché.

Une preuve de concept obtenue dans le cadre du projet REVOLINC
La preuve de concept du drone a été développée dans le cadre du projet REVOLINC (Revolutionizing Insect Control) financé par l’ERC Proof of Concept. REVOLINC vise à développer des alternatives respectueuses de l'environnement pour lutter de manière biologique contre les invasions de trois types d’insectes nuisibles (glossines, moustiques, mouches des fruits), dont deux commencent à envahir l’Europe : les moustiques et les mouches des fruits méditerranéennes.
https://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2020/moustiques-steriles-lacher-aerien-drone

En savoir plus
https://erc.europa.eu/news/PoC-recipients-2019-third-round

Lire aussi
https://revolinc.cirad.fr/
https://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2019/science/la-technique-de-l-insecte-sterile-boostee-contre-les-moustiques
 
A propos du Cirad
Le Cirad est l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes.
Avec ses partenaires, il est convaincu du rôle central que doit jouer l’agriculture dans les grandes transitions pour assurer un avenir soutenable à tous les pays du Sud.
Produire et partager des connaissances nouvelles, contribuer aux processus d'innovation, renforcer les capacités et les compétences des acteurs de ces pays pour accompagner leur développement durable, sont les moteurs de l’accomplissement de ses missions.
Ses activités portent en particulier sur les problématiques de la biodiversité, de la transition agroécologique, du changement climatique, de la santé (des plantes, des animaux et des écosystèmes), du développement des territoires ruraux et des systèmes alimentaires.
Présent sur tous les continents dans une cinquantaine de pays, le Cirad mobilise les compétences de ses 1650 salariés, dont 800 chercheurs, et s’appuie sur un réseau mondial de partenaires.

 

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