2017-01-03 
Les étudiants du master 2 chimie FOQUAL soutiennent les patients atteints de maladie neurodégénérative, en collaboration avec le CHU de Nice et l’équipe CobTek

Alzheimer et l’olfaction

« Longtemps ignoré par la communauté médicale, l’odorat apparaît comme un sens précieux, impliqué dans les processus mnésiques. Outre son rôle prépondérant dans le comportement social de nombreuses espèces et son intérêt en terme de sécurité, le système olfactif influe sur la qualité de vie des sujets en raison d’une forte composante émotionnelle. »1
Il a été démontré que dès le stade précoce de la maladie d’Alzheimer* des déficits olfactifs sont retrouvés2,3. En effet, une étude réalisée sur des souris4 a permis de mettre en évidence le lien entre l’odorat et cette maladie neurodégénérative. D’autres recherches ont été réalisées sur 113 personnes en comparant des individus sains et d’autres atteints de la maladie d’Alzheimer. Les résultats tendent à montrer que d’une part l’âge diminue la capacité olfactive, mais aussi le stade précoce à modéré de cette pathologie.5

De plus, « des études comportementales montrent que les souvenirs autobiographiques évoqués par les odeurs sont plus détaillés et émotionnels que ceux des autres modalités sensorielles. »6 Par ailleurs les odeurs évoquent des souvenirs plus lointains, qui peuvent aller jusqu’à l’enfance, que les mots ou les images qui ne remontent qu’à l’adolescence.6
« Les individus atteints de la maladie d’Alzheimer ont généralement un odorat déficient et présentent des difficultés à identifier, reconnaître et détecter des odeurs. Cette déficience pourrait représenter un symptôme précoce de cette maladie. »7 Certaines odeurs sont connues pour avoir des propriétés relaxantes et peuvent jouer le rôle d’anti-stress, parmi celles-ci nous retrouvons principalement les odeurs vertes.8

Un test olfactif nommé « University of Pennsylvania Smell Identification Test (UPSIT) » est déjà présent sur le marché américain. Il consiste à gratter une bande scratchée sur une feuille à l’aide d’un stylo spécialement conçu à cet effet pour libérer les odeurs. L’utilisateur doit ensuite choisir la description de l’odeur qui lui semble la plus juste parmi 4 choix possibles.9 Ce dispositif a été utilisé par une équipe de chercheurs anglais, et les résultats montrent qu’il serait intéressant d’utiliser un tel dispositif afin d’évaluer le stade de la maladie d’Alzheimer. Plus le stade de la maladie est avancé, plus les patients ont du mal à identifier les odeurs.10

Cependant, ce test reste assez limité puisqu’il ne peut être utilisé qu’une seule fois. Par ailleurs les odeurs propres à l’expérience personnelle, ne pourront pas toutes être identifiées par des individus de populations différentes. Dans cette optique, un test nommé « Cross-Cultural Smell Identification Test (CC-SIT) » a été développé. Il contient des odeurs de banane, chocolat, cannelle, essence, citron, oignon, diluant pour peinture, ananas, rose, savon, fumée et d’essence de térébenthine.11
Il est important pour un praticien de détecter la maladie d’Alzheimer avant de considérer d’éventuels traitements thérapeutiques.

*Maladie d’Alzheimer : « Affection neurologique chronique d’évolution progressive, caractérisée par une altération intellectuelle irréversible aboutissant à un état démentiel. La maladie d’Alzheimer se traduit par une dégénérescence nerveuse d’évolution inéluctable, causée par une diminution du nombre de neurones. » (Larousse médical)


Présentation du projet

Depuis 2015, le Master 2 professionnel Chimie Formulation, Analyse et Qualité (FOQUAL) de l’université Nice Sophia-Antipolis travaille en collaboration avec le Centre Hospitalier Universitaire de Nice, l’équipe Cobtek (Cognition Behaviour Technology), l’institut Claude Pompidou et le centre de jour Noisiez.

Ce projet a pour but la réalisation d’un kit de tests olfactifs en vue du dépistage et du suivi des patients atteints de la Maladie d’Alzheimer et la création d’un parfum d’ambiance apaisant pour une utilisation en milieu médical. Le développement du kit odorant entre dans le cadre d’une recherche multicentrique entre les Centres Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR) de Lille, Grenoble, Dijon et Nice.

Dès 2005 la Fédération Nationale des Centres Mémoire de Ressources et de Recherche (FCMRR) recommande l’emploi d’odorants afin de réaliser un dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer.12 Il est également important de développer des formulations adaptées au milieu hospitalier et pratiques pour les thérapeutes. Les « mouillettes » ou touches à sentir classiquement utilisées pour évaluer des parfums ou odeurs saturent rapidement la pièce et nécessite de travailler avec des solutions liquides peu pratiques.

Le diffuseur de parfum d’odeurs apaisantes s’intègre dans une expérience multisensorielle qui associe l’odorat et la vue. Celui-ci est prévu pour lutter contre l’anxiété de patients Alzheimer, accueillis au sein de la Fondation Noisiez à Biot, avant leur retour à leur domicile. Les huiles essentielles d’herbes coupées et de lavande officinale présenteraient un intérêt majeur pour ce projet.

Nos objectifs, adaptés au milieu hospitalier :
- Formulation d’odeurs sous forme solide et utilisation d’un packaging adapté selon les exigences réglementaires.
- Amélioration d’un système de diffusion ingénieux d’un parfum aux propriétés apaisantes et relaxantes ; en synchronisation au visionnage d’un film.

Ce projet touche au domaine de la santé publique et se révèle d’intérêt commun, c’est pourquoi il est important de communiquer autour de celui-ci. Nous sommes enthousiastes à l’idée de pouvoir venir en aide aux patients de la maladie d’Alzheimer, en participant à ce projet qui, nous l’espérons, permettra une meilleure prévention, une prise en charge anticipée et un suivi amélioré des patients.
Nous restons à votre disposition pour toutes informations complémentaires.

1. A.-J. Bianchi et al., La Revue de médecine interne, 36, 2015, 31-37. 2. J. Hagemeier et al., Psychiatry Research : Neuroimaging, 255, 2016, 87-93. 3. J.K. Olofsson et al., Neuropsychologia, 85, 2016, 1-9. 4. B. A. Kimball et al., Scientific Reports, 6, 2016. 5. Y. Hori et al., Psychogeriatrics, 15, 2014, 179-185. 6. A-L. Saive, Les odeurs, une passerelle vers les souvenirs : caractérisation des processus cognitifs et des fondements neuronaux de la mémoire épisodique olfactive, Neurosciences, Université de Lyon, 2015. 7. O.J. Handley et al., Neurobiology of aging, 27, 2006, 1425-1430. 8. Y. Watanabe et al., Chemical senses, 30, 2005, 268-269. 9. I. Tourbier et al., Chmical senses, 32, 2007, 515-523. 10. L. Velayudhan et al., International Psychogeriatrics, 25, 2013, 1157-1166. 11. R.L. Doty et al., Laryngoscope, 106, 1996, 353-356. 12. www.fcmrr.fr consulté le 16 Octobre 2016.


Contacts:
Mohammad TAYEH
mtayeh1@yahoo.co.uk
☎ 06.01.49.09.00

Amphone FAURE
amphone.faure@gmail.com
☎ 06.85.05.83.81

Agathe ZAMMIT
agathe.zam@hotmail.fr
☎ 06.98.16.24.60


Site web : www.master-foqual-unice.fr

 

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