2019-01-07 
Cancer du pancréas : une avancée médicale significative pour la prise en charge des patients

L’étude clinique franco-canadienne PRODIGE 24/CCTG PA.6 conduite par Unicancer et le Groupe canadien des essais sur le cancer (CCTG) auprès de 500 patients opérés d’un adénocarcinome canalaire du pancréas (forme la plus fréquente de cancer du pancréas) montre une augmentation significative de la survie chez les patients traités par le protocole de chimiothérapie mFOLFIRINOX en comparaison du traitement standard par gemcitabine. Cette étude internationale coordonnée par le Pr Thierry Conroy (Institut de cancérologie de Lorraine, Nancy), ainsi que le Pr Jean-Baptiste Bachet (Hôpital La Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Paris) et le Pr Patrick Rat (CHU de Dijon), menée au Canada par le Dr Jim Biagi (Kingston General Hospital, Kingston) a été financée en France par le Ministère de la Santé et par la Ligue nationale contre le cancer.

Ces travaux, qui constituent une avancée significative pour le traitement de ces patients, sont publiés le 20 décembre 2018 dans la prestigieuse revue The New England Journal of Medicine.

L’incidence des cancers du pancréas augmente régulièrement depuis plusieurs années. Après chirurgie curative, une chimiothérapie « de précaution » (dite adjuvante), visant à réduire le risque de récidive, et utilisant la gemcitabine pour une durée de 6 mois, était le standard thérapeutique depuis plus de 10 ans.

D'avril 2012 à octobre 2016, 493 patients ont été inclus dans l’étude PRODIGE 24 par 77 établissements hospitaliers, grâce à la collaboration de trois groupes de recherche français réunis sous l’égide de l’Intergroupe PRODIGE : Unicancer Gastrointestinal (UCGI), la Fédération Francophone de Cancérologie Digestive (FFCD) et le Groupe Coopérateur Multidisciplinaire en Oncologie (GERCOR), et un groupe de recherche canadien, le Canadian Cancer Trials Group (CCTG).

L’étude montre une réduction de moitié du nombre de patients présentant une récidive de leur maladie 3 ans après la chirurgie : deux patients sur cinq sans récidive chez ceux traités par mFOLFIRINOX versus un sur cinq chez ceux traités par gemcitabine. De la même façon, la survie à 3 ans des patients est considérablement améliorée : environ deux patients sur trois vivants versus un sur deux, respectivement dans chaque bras de traitement.

Les effets indésirables sévères sont plus importants avec le mFOLFIRINOX, notamment des diarrhées (19 % versus 4 %) et fourmillements dans les mains et les pieds (9 % versus 0 %) ; ils sont cependant bien pris en charge par les équipes médicales. Ces toxicités nécessitent une réduction de dose chez certains patients, ce qui n’entraîne pas de perte de bénéfice clinique.

Le mFOLFIRINOX s’impose aujourd’hui comme le nouveau standard thérapeutique de chimiothérapie adjuvante chez les patients opérés d’un adénocarcinome du pancréas et présentant un bon état général. Les résultats publiés dans le New England Journal of Medicine ont fait l’objet d’une communication préalable au congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) en juin 2018.

 

Contacts presse :

Unicancer
Gwendoline Miguel 01 76 64 78 00 g-miguel@unicancer.fr

Institut de Cancérologie de Lorraine
Alexandra Cravotta 03 83 59 86 05 a.cravotta@nancy.unicancer.fr

Ligue contre le cancer
Elodie Audonnet  01 53 55 25 31 elodie.audonnet@ligue-cancer.net

Canadian Cancer Trials Group
Lisa Callahan 343-363-7158 lcallahan@ctg.queensu.ca

 

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